Barjac 2013

Journée du 27 juillet

Journée belge pour débuter le festival. Alors que des trombes d’eaux orageuses et ravageuses s’abattent sur la Belgique, c’est sous un soleil de plomb que des belges viennent nous distraire et nous dérider. D’abord au cours de l’ouverture du festival dans l’après-midi. Elle commence par quelques courtes présentations d’usage et nous vaut le plaisir de retrouver Anne Sylvestre, la marraine du festival fidèlement revenue après une saison d’absence, on sait pourquoi et on la comprend ! Et elle se poursuit, avec la chorale « Un café, deux trois chants » qui reprend des chansons du répertoire que l’on reconnaît aisément, mais qui sonnent différemment à nos oreilles grâce à la multiplicité des possibilités d’interprétation qu’ils mettent en œuvre et que le nombre de choristes permet. Et puis, il y a une mise en scène, des costumes plaisants et colorés qui nous font passer un bon moment. J’ajoute que ce genre de prestation est parfaite pour retrouver les uns et les autres, échanger des bises, des poignées et des nouvelles…

La soirée commence avec une grande scène complètement pleine, où on se marche sur les pieds, je n’ai jamais vu la grande scène aussi pleine de monde. 80 personnes environ, une grosse moitié de choristes chanteurs et l’autre moitié d’une fanfare atypique de musiciens aux instruments aussi divers que l’accordéon, la flûte, le hautbois, le violon, les trompettes et plein d’autres. C’est « De Concert » qui nous régale d’une première partie sonnante, pétillante, colorée et musicale, avec une belle chorégraphie et un évident souci de mise en scène, le tout au service de la musique. Les chansons sont des compositions originales dont les textes et les histoires tournent toujours autour de la musique, de la composition de l’interprétation…Ainsi « la chanteuse ayant chanté tout l’été, demande à la fanfare son amie de composer jusqu’à la saison nouvelle » ou bien, en Belgique et en hiver « un chef de chœur transi cherche un chœur (ou un cœur) disponible »… Ils terminent par une chanson dans laquelle les noms de chanteurs connus sont utilisés pour décrire une histoire un peu tirée par les cheveux, mais qui ravit le public. Un beau feu d’artifice de notes, de couleurs et de mouvements, très bien pour une ouverture qui dépoussière la grande scène. Une petite remarque de mise en place : pourquoi les choristes féminines, souvent plus petites que les hommes sont elles en rang derrière ceux-ci, et donc à peine visibles, au lieu d’être devant eux ce qui rendrait leur chorégraphie beaucoup plus visibles ? Prudence ! je vais être accusé d’avoir soupçonné les belges de machisme !

En seconde partie, celui qui nous avait déjà déridé un petit quart d’heure l’année dernière quand il avait reçu le prix Jacques Douai, l’inénarrable Claude Semal. En dehors de Carla Bruni, il exploite, pour la plus grande joie du public, l’inépuisable filon de la Belgique et de ses particularismes, voire de ses douleurs existentielles. Sa comparaison de la lutte contre l’alcoolisme en France et en Belgique, il fallait la trouver : en Belgique il y a un bistrot tous les 500 m comme ça les belges rentrent chez eux à pied, en France on enlève les platanes du bord des routes… Alors, il nous donne ses chansons certaines franchement ridiculisantes, comme « Facebook », « On a la frite, la patate, la baraka… frites », d’autres plus critiques et méchantes « Guy Moquet », « Né au Mali » où il aborde le sort des immigrés ou encore « botox song » qui se révèle derrière la charge être une belle chanson d’amour… Et c’est quand il pose mine de rien des questions sur le temps qui passe et sur l’amour qu’il est le plus émouvant derrière l’humour de façade, comme dans « Les bals, les barbecues (écrire BBQ !) et les crematoriums », « J’attends la fin du monde la joue contre ton cœur », « valse pour toi » ou encore son « Avec le temps » à lui, par quoi il conclue le tour de chant. On ne peut tout citer, mais chaque chanson mérite une réécoute, il y a des choses cachées ou des allusions en chaîne dont parfois il faut un peu de temps et de connaissances pour retrouver les références !

Aujourd’hui dimanche, temps plus changeant… Et on retrouve des artistes français… A demain à toutes et tous

François

Journée du 28 juillet

Avant de parler de la journée d’hier, deux grande nouvelles.

D’abord le prix Jacques Douai a été attribué à Eric Nadot, il lui sera remis en grande pompe tout à l’heure. Eh bien, on ne peut pas dire qu’il l’ait volé celui-là. Tout le travail original et productif de promotion de la chanson qu’Eric fait depuis plus de dix ans avec « Tranches de Scènes » est reconnu à sa juste valeur… Et c’est justice. Félicitations Eric et que de chemin parcouru depuis les ébauches des premiers TDS… en VHS ! Je suis sûr que tous les lecteurs de cette liste partagent mon émotion, mon bonheur et la fierté de participer – si peu que ce soit – à cette improbable entreprise que tu as initiée et tenue à bouts de bras…

Seconde nouvelle, il pleut sur Barjac et la fraîcheur – on nous dit qu’elle ne va pas durer, mais c’est toujours ça de pris – est au rendez-vous. Depuis que j’écris ces lignes, c’est la première fois que je vois de mon clavier des gouttes de pluie tomber sur l’eau de la piscine de mes hôtes… Mais on reparlera de la pluie en fin de chronique…

Alors hier après-midi, sous le chapiteau bien chaud – temps très lourd et orageux – Delly K, une vendéenne présentée avec enthousiasme par Michel Boutet… Pleine de potentiel. Une belle voix quand elle est dans le registre doux, elle a un léger voile qui lui donne des nuances et une belle capacité d’émotion ; ça s’entend lorsqu’elle se fait interprète sur des chansons de Léo Ferré (vingt ans), de Véronique Pestel (Ma mamie m’a dit) ou de Danielle Messia (De la main gauche). Dommage qu’au fil des chansons elle change de registre et force cette voix qui s’aplatit et perd alors toute subtilité, écrasant le son… Et dommage encore une fois (ce n’est ni la première fois, ni sans doute la dernière) que le son soit mauvais, les sonorisateurs amplifiant beaucoup trop le piano, obligeant l’artiste à pousser une voix qui devient moins belle et surtout rend les textes difficilement compréhensibles. Et quand on ajoute la guitare et la batterie, vous devinez ce que ça donne. Quant à ses propres compositions, ce sont de toute évidence des chansons spontanées, d’expression d’états d’âme, d’inquiétudes et de peurs de désillusions (« Les rêves d’aventures, c’est derrière les fenêtres à des années-lumière » ou « je voudrais tourner mon regard, mais je me sens grillagée, enfermée… ») C’est le type de chanson litanie, où les idées s’enchainent sur le même thème rappelé par un refrain, mais qui ne racontent pas d’histoire avec un début et une fin. Elle progressera certainement, construira de meilleures chansons, et finira par comprendre que la force d’une chanson ne vient pas nécessairement (au contraire souvent) de la puissance avec laquelle on l’interprète…

Ensuite Dominique Babilotte. Beaucoup plus assuré et beaucoup plus éclectique… (Mais là encore son pianiste est trop amplifié, ça devient pénible, et il devient rare que j’applaudisse encore le gars aux manettes lorsqu’il est cité en fin de spectacle… Ces gars-là vous bousillent la plaisir des chansons.) Ce qui le caractérise, c’est la générosité autant sur scène que dans le contenu de ses chansons. Générosité et solidarité avec cette habitante d’un quartier de Belfast, avec les Maliens occupant l’Eglise Saint-Bernard, avec les Mères de la place de Mai, avec les gosses des faubourgs de Buenos Aires, avec les bidonvilles du Brésil, etc… Les idées musicales sont belles, les textes parfois un peu spontanés et allant dans tous les sens, souffrent de la comparaison avec ceux des chansons du répertoire de Reggiani (« L’arabe » superbe interprétation et « Les loups sont entrés dans Paris », grandiose) où on sent la plume et le savoir faire de grands auteurs. Le tour de chant dans lequel l’artiste fait preuve d’une belle présence et d’une activité constante, est aussi émaillé et ensoleillé de belles chansons d’amour (« ce que je veux ce sont des fleurs dans les chansons ») ou de poésie lorsqu’il retrace le trajet de la petite rivière Babilotte depuis la source à l’embouchure, qui évoque immédiatement le partage des eaux d’Anne Sylvestre. On passe un bon moment avec Dominique Babilotte.

Et le soir me direz-vous ? Eh bien la soirée a été mouvementée, c’est le moins qu’on puisse dire, et je pense que les organisateurs ont fait preuve d’un peu trop d’optimisme en pensant que les orages épargneraient Barjac, comme le nuage de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières… Ils auraient dû annuler le spectacle, surtout pour tous les festivaliers qui font de la route pour venir le soir.

Le très sympathique québécois Alexandre Poulin a chanté en tout et pour tout une chanson sur la grande scène, et puis le déluge est tombé avec sa sarabande d’éclairs, tout le monde s’est replié dans la salle des fêtes beaucoup trop petite, où, assis par terre sur le carrelage, nous avons terminé la première partie. Bien sympathique cet Alexandre Poulin, très bavard entre les chansons, mais sachant prendre son public avec beaucoup d’à propos et raconter de belles histoires qui introduisaient des chansons sympathiques, pleines d’images et d’espoir où les personnages et les événements sont optimistes… Même dans ces conditions spartiates, il a emporté l’adhésion du public et bénéficié d’applaudissements nourris. Il repart au Québec avec un souvenir vraiment original !

Lorsqu’il a été question de faire la seconde partie dans les mêmes conditions, mes vieux os endoloris ont crié grâce, et, sous la pluie battante, je suis rentré me coucher. Tant pis pour Gilbert Laffaille et son nouveau spectacle qu’on aura l’occasion sûrement de revoir ailleurs.

Voilà pour aujourd’hui ! A c’t’heure, la pluie a cessé et on va aller fêter le prix Jacques Douai remis à Eric !

A demain

François

Journée du 29 juillet

J’ai comme l’impression avant de commencer que ce sera long, car la journée d’hier a été d’une belle richesse, et il y en a des choses à raconter… et j’en oublierai certainement.

Le soleil a commencé à réapparaitre au moment de la remise du prix Jacques Douai à Eric qui, comme on l’attendait a été à la fois original et convaincant dans son intervention, paraphrasant d’abord une chanson de Pierre Perret « Le Trophée », puis passant à des considérations plus explicatives, illustrées de données chiffrées… Et au milieu des tee-shirts officiels du festival de Barjac, un certain nombre tee-shirts avec le logo « Tranches de scènes » affichaient la solidarité de leurs porteurs… Puis Michel Bühler (c’était une journée de mise à l’honneur de Suisses !) a reçu son prix avec une chanson de Brassens « La légion d’honneur » a capella… Beau palmarès cette année pour ce prix Jacques Douai !

On ne peut imaginer deux artistes plus différents pour les chapiteaux de l’après-midi. Et chacun d’eux, dans son registre, nous a donné beaucoup de plaisir. D’abord Rémy Long, très belle voix, superbes arrangements de guitare, des chansons bien construites, mélodiquement structurées et agréables et des textes à la poésie séduisante. Il commence avec « Bouteille à la mer » qui peut être une métaphore de l’artiste ou de la chanson, comme on veut « A l’intérieur porte un message, pour qui pour quand, fin du voyage, va savoir qui lira la page » Et tout sera de cette veine-là… Les thèmes sont évidemment l’amour abordé par un angle original « Si je te tue… je me tue à t’aimer », la fuite du temps et les changements chez l’individu « Que sont nos rêves, nous qui voulions vivre indignés, qu’est-il arrivé », les événements non maîtrisés, le pillage des hommes par les hommes (« Dans ce monde-là, il y a des jours où je ne suis pas fier »), les rêves de départ, et bien sûr les mots, les supports de cette belle écriture qu’on a hâte de réécouter à tête reposée pour en explorer les richesses seulement entrevues… Allez, juste un petit bémol qui n’enlève rien à la superbe impression que m’a laissé cet artiste, (encore une belle découverte de Barjac) : ça manque un peu de fantaisie, d’humour qui, même si ce n’est pas le genre des chansons de l’artiste, pourrait être introduit dans des interventions entre les chansons… En tous cas Rémy Long est un nom et un artiste que je ne suis pas prêt d’oublier.

Sur le second, je serai moins prolixe, non parce que je n’ai pas aimé, au contraire, le temps du concert est passé aussi vite que le débit de paroles de l’artiste… Mais je ne sais pas comment, au débotté du quotidien, écrire sur ce spectacle de Daniel Hélin. On est dans une sorte de no-man’s land entre la chanson, la parodie, la déclamation, la poésie et la musique (bien servie par la harpiste poly instrumentiste Margaret Hermant), dans une approche déjantée et décalée qui inclut une poésie subtile, drôle et souvent très émouvante derrière le paravent de l’humour… Ca peut ne pas plaire… Ca a plu a beaucoup de monde (et à moi en particulier) si j’en juge par les applaudissements finaux. En fait, un spectacle de Daniel Hélin est toujours une aventure et un imprévu, et c’est ce qui fait tout son charme.

On arrive à la soirée dans la grande cour du château… Une extraordinaire soirée, une des plus belles du festival de Barjac, due à la qualité de deux artistes exceptionnels, Michel Boutet et Yvette Théraulaz. La soirée qu’il ne fallait surtout pas manquer !

On commence par Michel Boutet, et je le dis tout de suite, il m’est impossible d’être objectif sur cet artiste dont je suis devenu inconditionnel après l’avoir découvert, à Barjac justement, en 2009. Je ne vais pas paraphraser ma chronique enthousiaste de l’époque (1). Il s’en est suivi une belle relation avec l’artiste lui-même, avec son élégante accompagnatrice Delphine Coutant qui a, de son côté, une activité d’ACI et de bien belles chansons à proposer, et avec son équipe de promotion (coucou Violaine, tu sais bien que pour moi tu es la meilleure attachée de presse !). Bon, comme d’habitude, Michel Boutet, dans le court laps de temps qui lui était imparti, a dressé dans ses chansons des portraits d’hommes et de femmes qu’il a le don de rendre immédiatement sympathiques (sauf le Maréchal, évidemment) en décrivant avec des images et des anecdotes les événements de leur vie qui les ont faits tels qu’ils sont. Il nous oblige à les considérer avec un regard meilleur et empathique, et c’est toute la force de son écriture et de la poésie de ses chansons, proposées avec une diction parfaite (comme quoi il est possible d’entendre même les virgules entre les mots quand le son est bien réglé). Quant à la qualité musicale, la pertinence et l’économie de l’accompagnement, on ne voit pas comment les chansons pourraient être mieux servies. Devant une telle perfection, que dire d’autre qui ne serait pas ridicule ? Peut-être ceci… Quand j’avais découvert Michel Boutet, c’était dans la touffeur du chapiteau. Hier soir, dans la fraîcheur de la soirée sur la grande scène, c’était encore autre chose et la qualité du silence d’écoute était le signe d’un niveau supplémentaire d’adhésion du public à cet artiste trop rare, qui a recueilli une ovation amplement méritée !

Mais il n’était pas au bout de ses surprises ce public-là… Avec la suissesse Yvette Théraulaz, on est resté sur les sommets de ce qu’on peut faire avec des chansons, et par exemple reprendre tout le parcours d’une vie de femme au XX° siècle… depuis sa conception (par le vainqueur des 300 millions, merci Ricet Barrier) jusqu’à sa dernière progression vers les chrysanthèmes (J’arrive, merci Jacques Brel). Et avec toutes les étapes : l’éducation rigoriste et utilitaire des jeunes filles (J’suis bête, je fais rien que des bêtises, merci Sabine Paturel !), l’émancipation de la grand’mère (On ne voit pas le temps passer, merci Jean Ferrat), la découverte de la sexualité (« Quand c’est midi » une désopilante chanson à double sens que je ne connaissais pas !), l’éveil au féminisme, la prise de conscience de la violence conjugale, de la culpabilisation, le désir de s’engager (Utile, merci Julien Clerc), l’infidélité pathétique (Petit bonhomme, merci Anne Sylvestre qui était dans le public et impressionnait l’interprète !), la dépression, les retrouvailles avec la liberté personnelle et la disponibilité (Sans bagages, merci Sophie Makhno), l’amour de la femme mûre (Pierre, merci Barbara et Un homme heureux, merci William Sheller). Et pour finir le résumé condensé de toute la trajectoire avec « Vanina s’en va » chantée par l’artiste en regardant intimidée Véronique Pestel dans le public, dont les lèvres prononçaient en même temps les paroles ! En bis « Les Passantes » d’Antoine Pol et Georges Brassens, ode au hasard des non-rencontres qui peuvent orienter complètement une vie ! Certes Yvette Théraulaz ne chante pas toujours juste, elle doit se concentrer parfois sur la mémorisation des textes et des chansons, voire elle se trompe un peu, mais quelle importance ? Ce one woman show, cette présence, cette captation du public par les mots et par le regard ou le geste, cette construction où comme dans toute vie, les moments drôles alternent avec les moments graves, où des questions restent sans réponses et des désirs sans concrétisation, où des bonheurs inattendus surgissent, cette valeur irremplaçable d’une vie et de tous les méandres de son chemin, je dois le dire, tout cela m’a fortement ému, d’une émotion qui m’étreint encore au moment où j’écris ces lignes. Je ne connaissais pas Yvette Théraulaz avant hier soir. Je ne suis pas prêt de l’oublier. Un spectacle et une soirée exceptionnels, merci les programmateurs de Barjac.

Et la journée n’est pas finie, encore une dernière surprise… Dûment averti, j’ai exceptionnellement fait un tour au chapiteau après le spectacle… Et je n’ai pas été déçu par le trio « Desesperanza » formé par Anne Sylvestre, Michel Buhler et Gérard Morel qui nous ont chanté deux chansons de Roger Riffard « Timoléon le jardinier » et « La java du solitaire »… C’était aussi improvisé que drôle, et ça a pu rappeler à ceux qui l’avaient oublié que Riffard nous a laissé une collection de chansons subtiles, bien écrites, à double sens, drôles et désespérées à la fois, sans aucune illusion sur la nature humaine… (un site sur Roger Riffard, construit par Christian Lassalle et auquel j’ai un peu participé aussi, peut renseigner quiconque est intéressé). Je crois que je peux dire aussi que Gérard Morel prépare pour le 14 janvier 2014 à Portes-Lès-Valence, un spectacle dédié à Roger Riffard, avec, excusez du peu, Anne Sylvestre, Flavia Pérez, Zaza Fournier, Thibaud Defever, Hervé Pérard, et Stéphane Méjean. Ce sera un grand moment et je ferai tout pour y être ! Mais Gérard communiquera lui-même là-dessus sur la liste ou ailleurs !

Voilà pour aujourd’hui, je vous avais dit que ce serait long…

Amitiés à toutes et tous

François

PS. Merci à tous ceux qui me font sur place des retours sur mes chroniques et qui parfois me confortent dans mes impressions et mes perceptions (le son trop fort ou mal réglé par exemple). Le partage est toujours un plaisir !

F.

(1) Chronique du spectacle de Michel Boutet le 27 juillet 2009
Deuxième spectacle dans un chapiteau mieux aéré et moins étouffant, celui de Michel Boutet. Là, c’est un enchantement. Une présence physique, une voix, une diction, une poésie et une musique qui vous accrochent au début du spectacle et vous tiennent jusqu’à la fin. La guitare de Michel Boutet est accompagnée d’un violon (la charmante et talentueuse Delphine Coutant) d’un violoncelle et d’un piano, les instruments étant toujours employés là où la nécessité de la musique les convoque et jamais en excès. Musicalement, c’est superbe. Quant aux textes, ils sont une merveille de poésie, d’images, de chevauchement de mots, de réflexions et de bonheur. C’est le genre de spectacle qui nous fait « douter de la non-existence de Dieu », comme le chante Ricet Barrier ! Les portraits dressés, les histoires racontées avec brio dans les chansons bonifient le regard porté sur les gens, sur les destins, sur les trajectoires, sur les bonheurs et les vicissitudes des existences et sur les inquiétudes par rapport à l’avenir. Avoir vu ce spectacle, cet homme enraciné dans le meilleur des traditions d’une région (la région nantaise), qui semble la bonté et la générosité personnifiées, donne l’impression d’être soi-même meilleur. Ce spectacle m’a beaucoup marqué, et il est encore si présent dans mon esprit que je n’arrive pas encore à dégager toutes les causes du bonheur qu’il m’inspire. En tous cas les mots dont je dispose sont impuissants à exprimer l’effet qu’il m’a fait. Un spectacle rare. Un artiste extraordinaire. Une réécoute du CD s’impose dans le calme du retour pour retrouver au moins des parcelles de l’émotion de cet après-midi. Rien que pour Michel Boutet, Barjac valait le déplacement.

Journée du 30 juillet

La journée ayant été pauvre en découvertes – il faut rappeler que c’est la loi du genre : pour déceler le talent parmi les nouveaux, il faut accepter d’en voir un certain nombre et risquer d’être déçu – je vais d’abord revenir sur la chanson désopilante chantée par Yvette Théraulaz peu connue, comme semble le prouver tous les échanges de la journée d’hier à ce sujet. Donc, je vous livre le fruit de mes recherches sur internet, pour faciliter celle des nombreux intéressés rencontrés hier ! Je suis arrivé à la conclusion qu’Yvette Théraulaz a chanté un digest de deux chansons, et les deux textes sont rassemblés ici :

http://forum.muzika.fr/read.php?1,69552,71351,quote=1

L’essentiel est la chanson « La pendule », utilisée du début à la fin, à laquelle fut malicieusement ajoutée la dernière strophe de « La pendule à Célestin »… Effet garanti !
Je n’ai rien pu trouver sur d’anciens interprètes ni sur les auteurs de ces chansons, mais ça doit bien exister quelque part ! Et je ne sais pas non plus si l’une des deux ou les deux ont fait l’objet d’enregistrements… Si certaines ou certains de la liste trouvent autre chose, ils se feront un plaisir de partager ici leurs résultats !

La soirée au château a commencé par une première partie Serge Utgé-Royo dans laquelle il a rassemblé toutes ses chansons les plus connues, je cite en vrac de mémoire « Une énorme boule rouge », « fragile planète » « C’est nous les humains » sur la musique des « Canuts », « Amis dessous la cendre », « Des gouttes de bonheur » « Mon utopie » et beaucoup d’autres auxquelles il a ajouté « La vie d’Artiste » de Francis Claude et Léo Ferré, et « L’affiche rouge » (grandiose interprétation) de Louis Aragon et Léo Ferré. Ce qui m’a enthousiasmé en écoutant ou réécoutant ces chansons, c’est la justesse, la pertinence et la qualité de l’interprétation. D’abord une orchestration soignée autour de Léo Nissim, et puis surtout l’engagement de Serge Utgé-Royo dont la voix n’a pas tremblé, dont les choix artistiques étaient justes et qui a imprimé au spectacle un rythme serein, en rapport avec l’esprit des chansons qui demandaient réception et assimilation par le public. L’indignation est réelle chez Serge Utgé-Royo, mais elle est doublée malgré tout d’un espoir sur la nature humaine qui est en corrélation avec ses musiques et orchestrations riches. Et puis, le son était parfait, le moindre mot était intelligible, ce qui a contrario devrait culpabiliser toutes les soirées où ce ne fut pas le cas… et pourtant, il y avait 6 musiciens, piano, percussions, batterie, basse, guitare, accordéon ! J’ai applaudi quand le preneur de son a été cité ! Une belle première partie.

Serge Utgé-Royo a ouvert la seconde partie consacrée à Léo Ferré par « Les Poetes ». Il a été suivi par Jofroi qui s’est somptueusement tiré de « A Toi » dont la forme demandait un effort de mémorisation important. Ensuite la soirée a été partagée entre Abel Divol qui a déclamé des textes dont « Poetes, vos papiers », Emmanuel Depoix, grosse impression avec la marseillaise au piano, Véronique Pestel, frêle mais solide dans « Est-ce ainsi que les hommes vivent », « Il n’aurait fallu » et surtout « Ca t’va » très bien introduit par un texte de Madeleine Ferré et au ton très juste, et enfin Annick Cisaruk et David Venitucci qui se sont attaqués à « La mémoire et la mer », « la vie moderne », « vingt ans », « avec le temps » et quelques autres… Une partie du public a découvert le talent d’interprète d’Annick Cisaruk et en a été éblouie. Tous ont achevé la soirée avec « L’âge d’or ». Bel hommage, et il ne pouvait en être autrement avec de tels intervenants… Mon petit regret tout à fait personnel… un peu trop de choix poétiques et de textes difficiles, et pas assez du Léo Ferré populaire de « Jolie Môme », « C’est extra » « ni Dieu ni maître »…

Ce sera tout pour aujourd’hui

Amitiés à toutes et tous

François

Journée du 31 juillet

Belle journée de festival hier… L’apéro autour du livre de Jofroi nous a permis d’écouter deux de ses chansons et de goûter à un petit vin bio du pays, réjouissant ! Heureusement car les nuits écourtées commencent à laisser quelques traces sur les visages… Et puis la chaleur qui est revenue monte de jour en jour… Sous le chapiteau, on a connu pire mais il n’empêche, c’est déjà bien chaud.

Sous ce chapiteau, justement, d’abord Emilie Cadiou nous propose ses chansons, seule avec son accordéon. Il faut dire qu’elle le maîtrise fort bien, mais qu’encore une fois, il était réglé trop fort et couvrait sa voix surtout dans les 3 premières chansons, celles qui sont les plus importantes pour gagner le public… Il y a une malédiction au chapiteau, le son est trop souvent saboté et si je suis peut-être seul à l’écrire, je ne suis pas le seul à le dire !… Je sais bien que l’acoustique d’un chapiteau n’est pas un idéal de transmission de décibels… Mais alors, il faut les économiser, les décibels, en diminuer la quantité, régler le son plus faiblement, et sur la console, reculer les instruments en privilégiant la voix. Je suis fatigué de l’écrire tous les ans… Comment se fait-il qu’on arrive à un résultat parfait dans la cour du château et à cette impression d’écrasement sonore tous les jours recommencée au chapiteau… ? Bon, je reviens à Emilie Cadiou, la pauvre, démunie comme tout lorsque des spectateurs quasiment unanimes lui ont signifié à la troisième chanson qu’ils n’avaient rien compris … Et c’est dommage pour elle, car la première chanson « vivre plus vieux » était inventive, agréable et de bon augure. L’inspiration de l’artiste est variée, parfois légère, mais parfois subtile… J’ai bien aimé la métaphore des fils dans « Couturière », le renversement de l’initiative dans « Départ précipité », la tristesse dans « Histoire d’amer » et « liquide amer », et puis cette affirmation d’indépendance dans « Hors la loi »… Je dois dire que j’ai passé un bon moment avec Emilie Cadiou qui me semble avoir un beau potentiel et une présence sur scène très sympathique.

Toujours sous le chapiteau, Pauvres Martins, un groupe de 4 jeunes qui ne se sont même pas présentés individuellement d’ailleurs, et qui ont visiblement un grand plaisir à faire de la musique ensemble, et c’est contagieux. Le public a bien aimé, alors que c’était plein d’incertitude au départ, les chansons aux textes un peu abscons ou d’une brièveté confondante avaient un peu mis les spectateurs sur la défensive… Là aussi, on avait beaucoup de décibels et pas toujours la clarté du texte, mais c’était discontinu, donc un choix du groupe sur certains titres où de toute évidence, ils privilégiaient l’invention et l’expression musicale aux paroles. Certaines chansons fortes ont rattrapé le public (« Pablo », grande chanson et grande écriture sur la vie d’artiste fauché) et l’inspiration est diversifiée, côté peinture, architecture avec beaucoup de références ou de constructions musicales originales… J’ai bien aimé aussi « J’ai mis mes bottes de sept lieues pour aller voir là bas si j’y suis », invitation au voyage et à l’ouverture, et puis le final « Un cœur » ou des variations sur l’emploi du mot cœur avec le tempo musical adapté et qui a réussi ce tour de force de susciter la participation active du public sur une chanson inconnue, sans avoir besoin de le lui demander. Un groupe agréable et que j’aimerais réécouter sur disque, lieu ou les équilibres sonores doivent être plus maîtrisés. (et où je peux régler moi-même la puissance du son !).

Le soir, vraiment un beau plateau… D’abord le suisse Pascal Rinaldi. Quelle belle présence et quelle belle écriture, avec sans doute une inspiration plus étendue pour les textes que pour les musiques. Les thèmes balayés sont évidemment ceux de l’amour avec le célèbre « Faut qu’on s’touche » chanté sans transition comme une alternative à la perspective de la mort « Merde à la mort », et aussi les éclats du couple « La guerre de toi n’aura pas lieu », ou « Tout nous sépare », adaptation très réussie du vieil imperméable bleu de Léonard Cohen, et puis la maternité avec le sympathique « Ronde et pleine ». Mais ce n’est pas la seule préoccupation de la vie et « les jours avec et les jours sans », ainsi que les moments précédents le largage de la bombe atomique, ont été pour moi de fortes chansons. Et n’oublions pas le bel hommage à Allain Leprest. Cette première partie a confirmé le talent de Pascal Rinaldi et tout le bien que j’en pense !

Alors que dire de Graeme Allwright, sinon que cet éternel bonhomme nous a encore une fois séduits ? Sous le charme, le public, bluffé… Je dois avouer, puisque j’essaye dans ces chroniques d’être le plus sincère possible, que je redoutais ce concert d’un homme de 86 ans vivant sur les restes du fringant jeune homme qu’il avait longtemps été et de ses succès des « seventies »… Lorsqu’on aime un artiste, qu’il a fortement compté dans votre vie, on craint le « concert de trop » qui laisse un souvenir un peu morbide… Eh bien, hier soir, rien de tout ça ! Certes, il chante assis, certes il ne sait plus trop de quel côté il doit aller pour sortir de scène, certes sa voix est un peu plus enveloppée et un peu moins claire, mais il a encore bon pied (nu), bon œil, une mémoire curieusement meilleure pour les récentes chansons que pour les premières qu’il a chantées des milliers de fois (il a par exemple oublié un couplet dans « jusqu’à le ceinture » et en a été ennuyé pour reprendre le fil), et une présence, un abattage, un rythme et un jeu de guitare qui n’ont rien lâché ! Sacré bonhomme… Deux heures de long il a chanté pieds nus comme toujours, et il n’avait pas vraiment envie de s’en aller… En entame, il fait chanter au public « La Marseillaise » avec un couplet généreux de son cru (et de Sylvie Dien) distribué par Monsieur le Maire de Barjac à l’entrée ! et puis il poursuit très vite avec de belles chansons « condamnés à s’entendre », « Si c’est ta volonté », Comme un vrai gamin » entrecoupées d’adaptations de Bob Dylan (« Blowin in the wind », bien plus forte que celle d’Hugues Aufray !) et surtout de Léonard Cohen (« Danse-moi », « Tout le monde sait »…) Il laisse le plateau à ses musiciens malgaches Erick Manana et Dina Rakotomanga pour une version malgache de « Ne me quitte pas » très applaudie, et puis il revient pour d’autres chansons, infatigable… « C’est dur de retenir la main d’un homme qui veut aller plus loin », on ne peut être plus lucide ! Il termine par une chanson « pas triste » souligne-t-il sur la mort « Je m’envolerai tout la haut » chanson à la fois prémonitoire et conjuratoire ! Et puis, ce n’est pas un bis qu’il va faire, mais sept ! dans l’ordre « Suzanne », « Petites Boites », « Jusqu’à la ceinture », « Le jour de clarté », « Tes yeux se voilent », « Jolie Bouteille » (pour laquelle, facétieux, il sort de sa poche un nez rouge dont il s’affuble et prend une voix pâteuse d’imbibé, inutile de dire à quel point le public s’amuse !) et enfin « Buvons encore une dernière fois », avant effectivement d’aller se coucher ! Jubilatoire, je vous dis… Aucune trace de fatigue ou de souffrance, il marche sur scène aux endorphines et il nous régale encore avec un mélange d’audaces, de reconnaissances (les adaptations d’auteurs anglo-saxons) et, qui le nierait, de forte nostalgie. Un grand, un immense monsieur, visiblement heureux comme un gamin d’être là… et nous aussi !

Amitiés à toutes et tous

A demain pour la dernière journée !

François.

Journée du 1 août

La journée en chansons a bien débuté par la présentation-sortie du Cd de Thomas et Gérard Pitiot, avec quelques chansons en plein air, dont l’inspiration laisse augurer de belles heures d’écoute « Que saura-t-on de nous » quand on aura percé la plupart des mystères de l’univers, ou « Si le monde fonctionnait comme une assemblée généreuse » déjà diffusée la veille au soir dans la cour du château… et quelques autres de la même veine sur des sujets plus divers « Le temps passe sur ton vélo » ou le déménagement… et pour finir avant l’apéro, une reprise de « Ma Môme » de Jean Ferrat pour la musique et pour le texte de Pierre Frachet (qu’on oublie tout le temps de citer et qui pourtant l’a enregistrée en même temps).

Le chapiteau l’après-midi, dans la chaleur pesante, mais pas encore le four qu’on a déjà connu des années antérieures, deux superbes découvertes. Ceux qui ne sont pas venus au Chapiteau ont quasiment manqué le meilleur de ce que le festival nous a offert les après-midi.

D’abord Jean-Paul Den… Un belge bien sympathique qui a le sens du spectacle de chansons. Présentations sobres, chansons bien équilibrées entr’elles, accompagnement suffisant et sans excès (un accordéon et une contrebasse), diction et articulation parfaites et surtout réglage du son au service de la chanson et pas autre chose. Ce fut un régal pour les oreilles, pas de décibels superflus, une compréhension parfaite du propos (et sur ce point il y a unanimité, je peux l’assurer !), ce qui prouve qu’il est possible d’avoir sous le chapiteau un son très satisfaisant, et que, quand ce n’était pas le cas, il y avait un dysfonctionnement. Et pour enfoncer le clou, je préciserai que les sonorisateurs de métier (ça s’apprend, ça ne s’improvise pas !) craignent deux instruments : l’accordéon et le violoncelle qui sont dans les mêmes domaines de fréquences que la voix humaine, et qui, mal réglés au niveau de la console, couvrent la voix (comme on a pu le constater dans le spectacle suivant lorsque Steve Normandin a accompagné à l’accordéon !)… Or Jean-Paul Den était accompagné par un accordéon… qui n’a jamais couvert sa voix. Il avait au son un bon professionnel auquel il a su imposer ses choix… et ce n’est pas son moindre mérite. Mais revenons au contenu de son spectacle, à ses chansons toujours bien construites, dont le propos se développe d’un couplet à l’autre, aux musiques toujours apparemment simples et facilement mémorisables et à sa voix chaude et expressive… Il est heureux et décontracté, il nous fait sourire, parfois rire avec des thèmes très variés. D’abord il nous dit son espoir de faire des chansons malgré la façon actuelle de vivre, puis il nous entraîne dans des chansons drôles qui parlent du « trou » des artistes et des flatulences de méthane et puis insensiblement, il met en éveil les régions sensibles de l’esprit avec de belles chansons d’amour « la beauté secrète est cachée à l’intérieur » ou une chanson très émouvante et non désespérée sur la maladie d’Alzheimer… Il revient avec des chansons plus humoristiques, mais qui contiennent en creux des préoccupations et des problèmes du monde moderne (« Complainte du millionnaire ») et des réponses qu’on peut y apporter « Renoncer, c’est le pire, c’est la fin, Reporter, c’est mourir en chemin et rêver, notre seul espoir de garder du feu dans nos regards… ». Pour moi, c’est évident, Jean-Paul Den rejoint Paul Meslet ou Michel Boutet dans mes découvertes de Barjac… Et dire qu’il vit pas très loin de chez moi !

Seconde belle découverte de l’après-midi, la québécoise Céline Faucher dans son spectacle de chansons de Pauline Julien. Ces reprises sont courageuses, car Pauline Julien est peut-être un peu oubliée au Québec, et son succès a été aussi important dans les autres espaces francophones qu’au Québec. Et puis, en chantant ce que chantait Pauline Julien, on chante un choix d’auteurs québécois et parfois français qui tous accompagnent l’évolution de la société québécoise et la cause des femmes dans laquelle elle s’était si complètement engagée… Ainsi la chanteuse replace les chansons dans le contexte du Québec et/ou de la vie de Pauline Julien avant de les interpréter de sa belle voix, accompagnée essentiellement au piano par Steve Normandin. On a le plaisir de retrouver avec son interprétation puissante, entr’autres des titres de Gilles Vigneault, Raymond Lévesque, Michel Tremblay, Luc Plamondon, Denise Boucher et… Pauline Julien pour les québécois et Aragon, Léo Ferré et Anne Sylvestre pour les français… Et le grand moment du spectacle fut lorsqu’Anne Sylvestre est montée sur la scène chanter en duo avec une Céline Faucher ravie « Une sorcière comme les autres », interprétation boulversante s’il en fut. Steve Normandin d’habitude facile, était concentré sur chaque note de son accompagnement, avec la sensation de participer à quelque chose d’unique, et l’attention de la salle était accompagnée d’une sorte de tension d’émotion palpable, qui s’est libérée à la fin de la chanson par un tonnerre d’applaudissements… Déjà toute écoute de cette chanson m’étreint… alors vous pouvez deviner cette fois ! Et Anne Sylvestre est revenue sur scène avec Céline Faucher pour le bis « L’âme à la tendresse » repris en chœur par l’assistance… Cette interprète au style si typiquement québécois est d’une grande subtilité et d’une belle intelligence dans le choix des chansons et dans la construction de son spectacle… Encore une superbe découverte.

Quelques mots pour finir sur les Ogres de Barback qui nous ont offert un spectacle de musique festive et très diversifiée, agréable et entraînante dans laquelle les textes – à quelques exceptions près (« Lily » magnifique) – sont des éléments de l’ensemble musical. C’est aussi une démonstration stupéfiante de capacité poly-instrumentiste de la part de tous et en particulier des jumelles Alice et Mathilde Burguière dont on aurait aimé entendre davantage la voix !

Au revoir à toutes celles et tous ceux que je n’ai pas croisés. J’espère que la fin de soirée avec cette mine de chansons qu’est Steve Normandin s’est bien passée… Je me devais d’aller dormir pour ne pas arriver trop chiffonné chez les amis qui me reçoivent après le festival. A l’année prochaine sauf imprévu, et bonne année de chansons à toutes et tous.

Amitiés à toutes et tous.

François


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