Mon regard sur l’histoire résumée de Di Dou Da

Préliminaires

Des circonstances particulières m'ont amené à analyser l'évolution de Di Dou Da. C'est une association à laquelle j'adhère depuis 1996. Bien que n'habitant pas Arras à l'époque, je voulais soutenir cette initiative. J'ai donc reçu et conservé les documents, et assisté à un certain nombre de concerts organisés par l'association. J'ai été interviewé (pour présenter la revue "Je Chante !") dans le numéro 31 de janvier 2003 de la revue "Chansons-Plaisir" de l'association. En juin 2006, j'ai écrit dans Vinyl N° 53 un article de 3 pages, illustré de photos de Christiane Delacourte, faisant le compte-rendu de la 2° édition des "Faites de la Chanson", le premier dans une revue à diffusion nationale. Depuis, habitant à Arras, j'ai mis au service de l'association mes compétences (rédaction et mise en pages du fanzine quotidien des Faites de la Chanson, nombreuses présentations de spectacles, interviews, citations dans mon émission de radio, etc.) et mon militantisme (mises sous enveloppes, tenues de stands, logement de musiciens ou d'attachés de presse pendant toute la durée des spectacles, etc.), tout cela de façon exclusivement bénévole : je paie mes repas, mes boissons, mes "pass" et mes places de spectacle et n'en retire aucun avantage personnel. (Entre parenthèses, Eric peut en témoigner : il a logé chez moi pendant les Faites de la Chanson, et vu comment j'ai été sollicité pour un article, écrit dans la foulée et livré une heure après !).

Cela allait bien jusqu'à ce que j'ose critiquer dans mon émission la médiocrité du programme des Faites de la Chanson 2012 et que j'en cherche un peu les causes en fouillant et en révélant certains détails. J'ai déclenché une vague d'insultes et de censure à mon endroit, j'ai été présenté comme un renégat, et je bénéficie depuis de la part de la "direction" d'un ostracisme et d'un boycott complets. Ce genre de comportement, ce sommet d'ingratitude et d'aveuglement, m'ont amené à fouiller un peu l'analyse de la sociologie et de l'histoire de cette association, simplement pour comprendre par quels enchaînements une association, à mes yeux remarquable par de nombreux aspects, pouvait en être arrivée à demander la censure de propos, certes dérangeants, mais vrais. Je n'ai, en aucune façon, et je sais qu'on voudra m'en accuser, le besoin de "régler des comptes". Je souhaite simplement partager une histoire humaine, en en montrant les deux faces : la face brillante toute auréolée de l'adoubement des médias locaux, et la face cachée. Comme toute histoire elle peut avoir partiellement valeur de modèle, à suivre ou à éviter selon les aspects. Je crois avoir trouvé quelques clés, sans prétention d'être exhaustif et d'avoir raison sur tout ! Précision : tout ce que je décris se base sur des faits vrais et vérifiables dont je peux produire les preuves. Chaque exemple, chaque situation, est véritable et se rattache dans mon esprit à une personne ou à un événement très précis, mais que j'éviterai de nommer. Parfois, des circonstances liées à la vie privée des protagonistes peuvent expliquer certaines attitudes : je me contenterai alors d'évocations. Je ne nommerai que les dirigeants qui s'exposent par ailleurs dans les médias.


1995 - 1999

Tout part d'un groupe d'amis amateurs de chansons qui s'échangent des coups de coeur et des disques, et vont voir les artistes sur les scènes régionales, lilloises voire parisiennes. L'idée de faire venir les artistes sur Arras fait évidemment son chemin. Pour cela, il faut des salles, un budget, des infrastructures et des bénévoles pour l'organisation : ainsi naît "Di Dou Da" en 1995. L'association trouve des lieux, programme quelques artistes locaux ou non (en fonction de ses finances) et édite une petite feuille "Chansons-Plaisirs" dans laquelle (comme le faisait à l'époque Chant'Essonne, comme le fait actuellement Reims-Oreille) elle informe sur ses activités, mais aussi et surtout sur ce qui se passe dans le monde de la chanson (spectacles, disques, résidences, livres, revues) et déborde parfois sur des activités hors chanson de certains de ses membres. L'association approche les deux cents adhérents et fait preuve d'un beau dynamisme et d'activités variées (sorties, spectacles, expos, ateliers, etc.). En plus, c'est une bande de copains, et la convivialité n'est pas un vain mot, ils ne se prennent pas plus au sérieux qu'il n'est nécessaire comme le nom de l'association en témoigne.

1999 - 2003

En 1999, à l'occasion d'une action scolaire "Nous chanterons les droits de l'homme", Di Dou Da rencontre Christian Camerlynck... Avec lui, l’association franchit une autre étape : elle s'enrichit d'une branche "Plaisir de chanter" qui s'associe avec "A corps voix" et organise avec Christian et le pianiste Jean-Paul Roseau des stages pour les amateurs qui veulent chanter devant le public des chansons de leur choix puisées dans le répertoire. Les amateurs de chansons qui constituent le noyau de Di Dou Da sont rejoints par des amateurs de chanter. Les manifestations montées par l'association sont alors soit des prestations de professionnels, soit des concerts des amateurs accompagnés par Damien Nison. Et voici donc des adhérents d'origines diverses qui s'entendent, des amitiés qui se nouent. Chaque manifestation renforce les liens dans le groupe. Et Christian Camerlynck exerce sur Di Dou Da une influence et une aura qui ne lui sont pas contestées. Di Dou Da est remarquable par ce qu'il fait pour la chanson, et aussi par ce qu'il fait par la chanson, un groupe ouvert, où chacun peut trouver contentement culturel à sa mesure : le répertoire des chansons et les genres des artistes sont suffisamment divers pour que chacun puisse y choisir ce qu'il aime ! Il y a même des adhérents qui sont venus d'abord pour cette ambiance de groupe et accessoirement, puisque c'est l'activité principale de l'association, pour la chanson ! Bien qu'habitant loin à cette époque-là, j'ai participé à une de leurs fêtes en 2003 je crois, et j'ai été séduit par la gentillesse de tous ces gens qui ne me connaissaient pas, leur sens de l'accueil, la chaleur de l'ambiance du partage des chansons...

Même si cette présentation paraît idyllique, elle est réelle et j'en témoigne, les adhérents à Di Dou Da sont heureux quand ils se retrouvent, et le bénévolat au service de l'association est pour eux une évidence. Elle a évidemment ses revers qui n'apparaissent pas encore à ce moment-là. J'en vois deux. D'abord le rôle important de l'affectif dans l'association. Des décisions qui devraient faire l'objet de discussions contradictoires sont en fait tranchées par la nécessité de préserver l'affectif, de ne pas déplaire à untel ou untelle, de ne pas devoir affronter celui-ci ou celle-là, de ne pas risquer une cassure dans le groupe, etc. Qui n'est pas conscient de cette dimension affective ne peut rien comprendre à Di Dou Da... Ce type de fonctionnement n'aboutit pas obligatoirement aux bonnes décisions, mais à celles que préconisent ceux qui ont le plus d'influence et d'autorité et ce type de relations n'est pas propice à quelque contestation que ce soit. Toute remise en cause, même marginale, est considérée par les autres comme une agression envers le groupe ou un certain nombre de ses membres. Christian Camerlynck a ainsi joui dans l'association d'une autorité artistique incontestée dont il a pris l'habitude. Ensuite, pour un noyau de participants, Di Dou Da représente l'essentiel de leur réseau de relations et de connaissances, au moins dans le cadre des loisirs culturels. Toute dissension non acceptée par les autres les met immanquablement dans la difficulté vis à vis d'eux, et peut les renvoyer à leur solitude. Il faut avoir plusieurs réseaux de relations indépendants pour s'opposer dans ces conditions-là ! Cela forge la cohésion du noyau, et aussi la culture de l'unanimité, comme elle était très installée dans certains partis totalitaires de l'après-guerre.


2003 - 2005

Lorsque l'on consulte les organigrammes dans les archives, on se rend compte d'un certain renouvellement des têtes à cette époque-là, sans grande modification de l'effectif total. Des gens abandonnent le navire pour des tas de raisons dont certaines n'ont sûrement rien à voir avec le fonctionnement de Di Dou Da. L'apport nouveau vient beaucoup de chanteurs amateurs qui deviennent progressivement majoritaires. Le petit journal "Chansons-plaisirs" cesse définitivement de paraître en 2003... Il sera remplacé de temps en temps par "Di Dou Da’ctus" qui concentre l'essentiel de son rédactionnel sur les activités de l'association. On ne s'en rend pas compte à ce moment-là, mais c'est symptomatique d'une association qui se réoriente sur ses propres activités en devenant de moins en moins intéressée par ce qui se passe en dehors dans le monde de la chanson. Les amateurs de chansons et amateurs de chanter, qui n'ont pas les mêmes motivations, cherchent un modus vivendi. Le chant amateur coûte cher (répétitions avec un pianiste professionnel, stages, etc.) et ne rapporte pas grand chose financièrement parlant... Il revendique donc sa place dans le budget. La présidence de l'association sera alors assurée par une chanteuse amateure (de talent et de belles qualités humaines d'ailleurs). Christian Camerlynck est toujours aussi indiscuté. Les deux activités coexistent, mais des rapports de force se sont faits jour. Les rencontres d'adhérents sont toujours conviviales, mais non dépourvues d'arrière-pensées, sans pour autant qu'il y ait d'hostilité déclarée, chacun défend son pré carré.

Je ne sais si c'est pour resserrer les rangs, mais c'est à ce moment-là, en 2005 que Christian Camerlynck a l'idée originale de faire sur Arras un nouveau festival où chanteurs amateurs et artistes professionnels se rencontreraient dans une action commune de promotion de la chanson peu ou pas médiatisée, mais pourtant de qualité. Concrètement, les premières parties des spectacles sont assurées par des chanteurs amateurs de Di Dou Da ou d'A Corps Voix, d'Arras ou d'ailleurs, et les secondes parties sont constituées par les tours de chant des artistes professionnels. Le festival enjambe La Fête de la Musique, et il s'accompagne en journée de boîtes à chansons où les gens peuvent oser venir chanter devant un micro et avec un pianiste, et il prend le nom définitif de "Faites de la Chanson". Tout le monde y trouve son compte : les chanteurs amateurs ont des stages et des masters classes, ils peuvent chanter devant un public plus large que celui de leurs propres cabarets où ils se retrouvaient souvent entre eux, et les amateurs de chanteuses et chanteurs voient les artistes programmés sur les scènes. Il y a des ateliers, des débats et conférences, une boutique tenue par Le Loup du Faubourg, et plein d'autres choses. Il est évident que cette manifestation donne un nouvel élan à Di Dou Da, elle mobilise le militantisme, surtout les premières années : il faut du monde au bar, à la billetterie, pour recevoir les artistes qui dorment chez l'habitant pour économies, pour installer les scènes, transporter les matériels, animer les boîtes à chansons, les débats, s'occuper des sonos extérieures, du matériel, etc.

2005 - 2009 : Les premières "Faites de la Chanson".

La première Faites de la Chanson, (dont Anne Sylvestre - toujours partante pour la défense de la chanson - fut la vedette, la marraine et fit l'objet de l'hommage des amateurs) a été financée très acrobatiquement. Il en reste quelques rancoeurs tenaces vis à vis de Di Dou Da de la part de certains artistes qui se sont fait abuser, et dont l'association, déjà ingrate, a ensuite complètement ignoré l'existence. La seconde fut plus assise financièrement car elle avait une idée de la quantité de public sur laquelle elle pouvait compter, et les financements ont été mieux anticipés. Romain Didier en fut le parrain, la vedette et l'objet de l'hommage des amateurs. Et Christian Camerlynck, le directeur artistique de la manifestation, omniprésent et incontournable, fit aussi venir Céline Caussimon, Agnès Bihl, Bernard Joyet, tous inconnus à Arras et qui ont fait grosse impression. Il fallait oser.
Les deux suivantes, 2007 et 2008, ont vu la montée en puissance de la manifestation et la prise de commande par A Corps Voix des parties essentielles (stages, premières parties, rédaction du fanzine du festival, parties techniques des spectacles, etc.) sous la houlette infatigable de Christian Camerlynck... A telle enseigne que Di Dou Da a parfois l'impression de ne faire que les utilités et les "petites mains"... et qu’aligner l'argent nécessaire, toujours en plus grande quantité, et que le nouveau président Jean-Jacques d'Amore s'épuise à trouver en une chasse effrénée aux subventions et aux sponsors. Il n'empêche, l'affiche est belle, en 2007 un hommage à François Béranger, Evasion, Gérard Morel, Xavier Lacouture et Michèle Bernard, marraine du festival, vedette et destinataire de l'hommage des amateurs. En 2008, il n'y aura plus de parrain ou marraine (à la grande déception du public qui en aimait beaucoup l'interview publique par Serge Levaillant), mais un hommage à Allain Leprest, présent convalescent dont la gentillesse et la disponibilité ont épaté les participants... Et aussi, Presque Oui, Françoise Kucheida, Rémo Gary, Laurent Viel, Les fouteurs de joie, Anne Baquet, Denis d'Archangelo et Nilda Fernandez. Les dix jours de festival épuisent les militants et responsables de Di Dou Da qui voudraient bien reprendre un peu en main leur festival et intervenir aussi dans la programmation. Ils font vivre l'association toute l'année avec le chant amateur et les cabarets-découvertes, mais la programmation du festival est jalousement gardée par Christian Camerlynck, qui, jusque là, a fait ça très sérieusement, allant dans les festivals, à Barjac et ailleurs, pour voir les spectacles qu'il programmait ensuite.
En 2009, la préparation fut plus chaotique et des tensions latentes jusque là commencèrent à se faire sentir, la coexistence entre Jean-Jacques D'Amore et Christian Camerlynck demandant du self contrôle à l'un et à l'autre. La programmation fut obérée par la nécessité de remplir à deux reprises au moins le parterre de la salle du Casino de 800 places : Viel rebelote Brel, Thomas Pitiot, Jean Guidoni, Yves Jamait, Elsa Gelly, Isabelle Mayereau, Gilbert Laffaille, hommage à Caussimon et Ferré et une superbe résidence de jeunes artistes - Alice Dézailes, Coline Malice, Xavier Besse, Laurent Berger. La fatigue fut écrasante, à telle enseigne que l'édition 2010 ne fut pas annoncée... et laissée en suspens.

Ces cinq premières "Faites de la Chanson" furent belles, et avis très personnel, ma préférée à la fois artistiquement et sur le critère de la promotion de la chanson, fut celle de 2007. Dans la vie de l'association, évidemment, ce festival devient la préoccupation essentielle : les cabarets-découvertes (dont on ne dira jamais assez la pertinence et la nécessité pour la défense de la jeune chanson, la liste des artistes programmés rien que pendant ces cinq années-là étant saisissante) et le chant amateur gardent leurs activités, mais émargent beaucoup plus modestement au budget. D'ailleurs, au terme d'une approche digne des tranchées, les tenants du chant amateur ont fini par investir les premières parties des cabarets-découvertes ! Ce qui est surtout remarquable au niveau de l'association, c'est sa structuration, nécessaire à la gestion du budget et de la manifestation... Finis les petits conseils d'administration pépères où on se racontait ses découvertes : le conseil d'administration devient la chambre d'enregistrement des choix de Christian Camerlynck pour la programmation des Faites de la Chanson et par le bureau qui décide des ordres de bataille pour mettre en application - et en budget - les-dits projets. Le président Jean-Jacques d'Amore, aidé en cela par Christophe Jocteur-Monrozier - ancien "professionnel" de la culture qui se hisse à la place confortable de vice-président -, manoeuvre pour que le conseil d'administration soit docile : les avis divergents sont mal acceptés. On fait au besoin appel à cette bonne vieille unanimité affective des années passées ! Même s'il est parfois difficile de trouver une place face à des caractères aussi ombrageux et autoritaires que - chacun dans leur genre - Jean-Jacques d'Amore et Christian Camerlynck, il faut reconnaître qu'une organisation solide était indispensable pour mener à bien la vie de l'association dont le festival est désormais le feu d'artifice annuel.

Le tournant de 2010

A l'hiver 2009-2010, il y a désaccord entre A Corps Voix de Christian Camerlynck et Di Dou Da de Jean-Jacques d'Amore. En fait Christian Camerlynck avait demandé à être désormais "conseiller artistique" du festival plutôt que son "directeur artistique"... Les mots étaient ambigus. Di Dou Da a sauté sur l'occasion pour décider qu'il reprenait en main, comme il le souhaitait, l'organisation du festival, programmation comprise, et qu'il se contenterait de demander quelques "conseils" à Christian Camerlynck... lequel envisageait plutôt de toujours déterminer lui-même la programmation, mais sans se préoccuper autant des contingences matérielles qui l'accompagnaient... En fait un conflit de répartition des pouvoirs. Le différend a été tel qu'il a abouti, au terme de pathétiques échanges, à une rupture. A Corps Voix et Christian Camerlynck ont décidé qu'ils ne pouvaient pas être que prestataires sans être aussi décisionnaires, et ils ont donc signifié à Di Dou Da qu'ils abandonnaient les Faites de la Chanson. Peut-être voulaient-ils par ce geste compromettre le festival 2010, imaginant qu'il ne pourrait pas faire l'économie de toute l'infrastructure "A Corps Voix"... et qu’ils seraient rappelés humblement en 2011. Ils avaient oublié que quitter une structure ne l’abat jamais : on ne tue que le sentiment de désaccord avec soi-même que l'on éprouverait en y restant ; on l’abandonne pour s'affranchir de son propre inconfort, pour mettre fin pour soi-même au ressenti intolérable de la situation. (Je m'applique éventuellement à moi-même cette réflexion !!!). Après dix ans de coopération à bénéfices plus ou moins réciproques, sans doute cette rupture s'est-elle accompagnée d'amertume, voire de regrets (en termes de notoriété comme en termes financiers). Il est bien évident que Di Dou Da, piqué au vif et mis au défi, va relever le gant et organiser tout seul en un temps record une session 2010 du festival fort bien menée.

Avant de revenir sur cette édition 2010, quelques points d'analyse sur la période de collaboration entre Di Dou Da et Christian Camerlynck. Deux des trois pôles d'activité de Di Dou Da sont directement issus de cette collaboration : le chant amateur et le festival Faites de la Chanson.
Le chant amateur a donné à l'association une de ses spécificités. Il a attiré de nouveaux membres et changé la répartition sociologique des fidèles. Il a permis à un bon nombre d'adhérents de se réaliser dans cette activité, de participer à des spectacles d'hommages ou de reconnaissances à des artistes comme Jacques Serizier (extraordinaire travail de Judith Fages et Vincent Chevalier qui ont mis sur pied un spectacle qui tourne) ou Mannick, de faire nombre de cabarets amateurs ou de prestations dans d'autres manifestations, sans compter les coups de chapeau aux Faites de la Chanson. Il a aussi marqué l'originalité du festival avec ses ateliers, boîtes à chansons, stages et autres master classes.
Quant au festival, sans doute inspiré de ce que fait Michèle Bernard à Saint-Julien-Molin-Molette (ou inversement !), il est devenu l'activité principale de l'association. Il a permis un saut conséquent par rapport aux cabarets précédents dans l'importance des artistes invités. Il n'existerait pas si Christian Camerlynck n'avait pas soulevé des énergies pour le mettre en place et lui donner le format général qu'il a actuellement et auquel Di Dou Da continue à se rattacher. Il y aurait beaucoup de lignes nécessaires pour rendre justice à l'action de Christian Camerlynck et si j'ai, en son temps, exprimé de vrais désaccords sur certaines de ses façons de procéder, je dois reconnaître que sur bien d’autres points, il a fait du bon travail. Il doit quelque part regretter de s'être braqué... et brouillé pour un bon moment avec Di Dou Da... Le plus injuste, c'est qu’on n’en parle presque plus ici à Arras et que la reconnaissance de tout ce qu'il a fait pendant dix ans pour et avec Di Dou Da soit un peu passée par profits et pertes. Or, il faut le dire bien haut - et ceux qui s'enorgueillissent à bon compte de leur festival original devraient toujours s'en rappeler - sans Christian Camerlynck, rien de tout cela n'existerait !

Revers de la médaille, ce saut à la fois qualitatif et quantitatif d'une association qui, au départ, n'aurait jamais imaginé en arriver là, a introduit certains paramètres.
D'abord la culture de la décision solitaire ou en petit comité, le pouvoir sur une association et des troupes dociles et dévouées. Christian Camerlynck a toujours décidé seul pendant cinq années. Jean-Jacques d'Amore, a repris à son compte cette façon de faire. Comme les candidatures au Conseil d'Administration ne sont pas légion, il s'est arrangé pour susciter celles qui lui donneraient une majorité, les autres devant suivre. Le bureau, petit comité où se prennent toutes les décisions, est homogène autour de lui, le CA est sommé d'avaliser, et la forme de démocratie est celle du "centralisme démocratique", à savoir que les militants approuvent (démocratiquement !) les choix et décisions du bureau sans de toutes façons avoir d'autre alternative.
Ensuite, l'argent... Christian Camerlynck a fait gonfler le budget d'année en année... Le budget de Di Dou Da organisant les Faites de la Chanson n'a plus rien à voir avec celui de Di Dou Da qui programmait quelques cabarets par an ! La rentrée de cet argent devient une obsession (chasse aux subventions et aux mécénats) et sa dépense une facilité... Le fait qu'il soit bien géré, et qu'il y ait une sage provision d'une année sur l'autre donne une latitude et une sorte de griserie. Et le fait qu'il y ait de l'argent renforce la tentation d'un pouvoir sans partage chez ceux qui ont fait tant d’efforts pour le rassembler. Et autre conséquence, l'argent fait baisser le niveau du militantisme nécessaire en temps de disette... Par exemple, si Gérard Morel revenait au festival, il ne logerait plus chez un militant, mais à l'hôtel !
Autre chose, la notoriété au moins locale et médiatique. La presse locale, sollicitée pour la couverture du festival et pour qui il faut des interlocuteurs bien individualisés, après avoir beaucoup sollicité Christian Camerlynck, braque désormais régulièrement ses projecteurs sur Jean-Jacques d'Amore... qui y prend goût. Il ne peut pas non plus se passer de monter sur la scène pour parler au public avant les spectacles... et s'y faire applaudir ! lorsqu'un autre parle à sa place et oublie de lui faire référence (et révérence), il fait preuve d'agressivité.
Enfin, la prépondérance du festival à la fois dans le budget et dans le temps occupé, a déséquilibré l'association. Le président ne s'occupe quasiment plus que des Faites de la Chanson (qui est synonyme de pouvoir, d'exposition médiatique, et de gestion de grosses masses d'argent), et délaisse les deux autres pôles que sont le chant amateur et les cabarets-découvertes, en les déléguant... Il s'en désintéresse. Les militants, pour leur part, restent très attachés à ces deux activités-là.

Malgré quelques réflexions critiques chez certains à droite à gauche (que je suis plus à même de recueillir à l'extérieur !), l'édifice tient comme ça pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il ne serait pas aisé de trouver un président de rechange qui reprenne l'association, même en en modifiant le fonctionnement et les équilibres. Ensuite parce que, dans cette construction organisationnelle, beaucoup de gens se sont construits des petites féodalités, exercent des petits pouvoirs qu'ils veulent garder, ou ont conquis des petits avantages personnels auxquels ils ont la faiblesse d'être attachés. C'est très varié, ça va de la vanité d'aller gratuitement aux spectacles, ou de faire nourrir sa famille pendant tout le festival aux petits repas soignés des artistes après le spectacle, ou d'avoir la possibilité de faire des spectacles dans les communes environnantes, ou de pouvoir promouvoir ses copains, ou simplement de commander à certains bénévoles, ou de pouvoir saluer les gens de la Mairie avec lesquels vous avez eu par ailleurs une vie professionnelle agitée, petite revanche, ou encore tout simplement d'adhérer au groupe en dehors duquel vous affronteriez la solitude, on en a déjà parlé. (Et j'en passe !). Tout cela n'a plus grand’ chose à voir avec la promotion de la chanson, mais ce petit consortium d'intérêts particuliers qui s’effondreraient hors de l’organisation, maintient la construction d'ensemble, favorise les forces centripètes. Et cela n’est pas spécifique à Di Dou Da, mais se rencontre, à divers degrés, dans bon nombre d’autres associations.


Alors, en 2010, nécessité faisant loi, Jean-Jacques d'Amore a délégué pour la préparation du festival : les aspects matériels, le chant amateur, la technique, une partie de la communication, et il s'est gardé la programmation en demandant néanmoins des conseils ou des informations par ci par là. La chance l'a aussi servi de pouvoir bénéficier du spectacle de Romain Didier avec l'orchestre à cordes du conservatoire d'Arras, et que l'hommage prévu par les amateurs à Jean Ferrat tombe dans l'actualité avec le décès de celui-ci. Le reste de l'affiche fut à la hauteur : Clarika pour l'ouverture, Véronique Pestel, Mémo, Chanson Plus bifluorée, Hervé Akrich, Liz Cherhal et Alexis HK. Le festival s'est déroulé dans une bonne humeur décontractée, chacun faisant ce qu'il avait à faire, on était loin de l'improvisation et des relations tendues et épuisantes de 2009. Avait-on enfin un festival ouvert, décentralisé, organisé démocratiquement, et déterminé à se placer au service de la promotion de la chanson peu ou pas médiatisée ?


2011 - 2013

Après la belle réussite de 2010 accompagnée de promesses d'ouverture dans les méthodes, tous les espoirs étaient permis. Hélas, la programmation des Faites de la Chanson s'est resserrée dans le huis clos d'un petit comité... Ce fonctionnement ne veut pas dire que toutes les décisions prises soient mauvaises... Mais en s'affranchissant, voire se méfiant systématiquement des avis extérieurs suspectés de venir s'immiscer dans la décision interne, on se coupe d'un regard extérieur qui pourrait signaler et éviter des erreurs ou des impasses. De plus, si la programmation de 2010 avait bénéficié de coups de chance (Chanson plus bifluorée, Romain Didier) et des promesses antérieures de Christian Camerlynck (Véronique Pestel), ce genre d'aubaines n'arrive pas tous les ans, et il a fallu que le petit comité central trouve tout, tout seul : pour des gens qui ne fréquentent pas les festivals, c'est compliqué et ça vous met à la merci des offres des producteurs qui se fichent de l'esprit du festival du moment qu'ils casent leurs protégés !

C'est ainsi qu'insensiblement on propose une affiche qui aligne fièrement une liste de noms d'artistes pas trop inconnus... La pente est également savonnée par trois exigences. Lorsque le théâtre (qui paraît plein avec 200 à 300 spectateurs et convient à merveille au public du festival) est refusé pour des raisons extérieures, les Faites de la Chanson émigrent au Casino... Or, le parterre fait 800 places, et la nécessité de le remplir induit une programmation sur d'autres critères que ceux de "la chanson de qualité peu médiatisée". Sauf pour la soirée d'ouverture, ce Casino est un piège qui fait perdre son âme au festival et qui doit être évité en cherchant d'autres solutions au besoin plus modestes qu’on n’a peut-être pas complètement explorées en particulier dans les communes limitrophes. La seconde exigence est celle des bailleurs de subventions qui sont prêts à rallonger leurs contributions à condition qu'il y ait des têtes d'affiches connues... Et la troisième est celle des chanteurs amateurs qui veulent chanter devant du public et également émarger à la manne des subventions dont ils ont besoin pour les stages et répétitions... Ces trois exigences différentes se conjuguent pour faire une affiche avec des "têtes" populaires qui pompent le budget, n'amènent pas pour autant le public les autres soirs et infléchissent la programmation vers des contrées moins originales. Ajoutez à ça le goût de l'exposition médiatique et vous avez l'évolution du festival depuis trois ans... C'est vrai que la programmation d'un tel festival avec tous ses paramètres et ses exigences initiales n'est pas facile... Mais alors pourquoi avoir cette prétention de s'en sortir tout seuls ?

2011 fut l'année de la galère. Ils avaient programmé comme tête d'affiche Agnès Jaoui... (après Anne Sylvestre, Michèle Bernard, Romain Didier, Allain Leprest, Gilbert Laffaille ou Véronique Pestel, le choix m'avait tout de suite paru spécieux !). A un mois du festival, sa production s'aperçoit qu'elle a sur son agenda deux choses le même jour, et donc elle sacrifie le petit festival de province... Les affiches étaient faites et les programmes imprimés. Elle est remplacée au pied levé par Richard Gotainer (!!!) qui lui aussi se dédiera à quatre jours de son concert pour cause d'extinction de voix ! Pas de chance ! C'est Valérie Barrier et Laurent Malot qui feront une partie de leurs tours de chant pour occuper la soirée... Le reste du festival alignera pour l'ouverture Louis Chédid (qui enfilera ses succès comme des perles au milieu des décibels), puis D.U.O., MéliSsmelL et Gaëlle Vignaux (déjà passées trois mois plus tôt à 20 km de là), Alain Sourigues, Les Etrangers Familiers et un très bel hommage à Serge Gainsbourg des chanteurs amateurs encadrés par deux comédiens professionnels locaux (Lou Ysar et Mélissandre Fortumeau) qui ont fait quelque chose d'à la fois original et fidèle à l'esprit de Gainsbourg. Au total une affiche qui n'était pas à la hauteur de l'édition précédente, mais quelques beaux moments (D.U.O., Sourigues, Vignaux, Gainsbourg...)

Si 2011 fut l'année des mauvaises surprises indépendantes de la volonté des organisateurs, 2012 fut l'année de leur fiasco. Jean-Jacques d’Amore a décidé qu'il n'assumerait plus seul la programmation : ce travail est lourd en plus d'une activité professionnelle, c'est tout à fait recevable. Dans une association où le bénévolat est une tradition, il aurait pu demander parmi les adhérents qui pourrait l'aider et en quoi, et faire cette programmation de façon collégiale. Mais ce n'est pas sa façon de faire, il se méfie de ce sur quoi il n'a pas le contrôle. Ainsi, il impose au Conseil d'Administration l'embauche de Joël Legagneur. Il connaît l'homme et une solidarité à rechercher dans leurs vies personnelles les rapproche, et l'affectif jouera ainsi - comme habituellement - un grand rôle dans l'acceptation de l'association. Reprocher à Di Dou Da d'embaucher Joël Legagneur, c'est comme dire à la famille d'un myopathe qu'on est critique face au Téléthon : c'est à la fois légitime et inaudible, donc considéré comme une agression. Joël Legagneur, passé par les ACP, a certainement des compétences en matière de gestion de spectacles. A-t-il des capacités en matière de programmation hors le recours à ses anciens copains ? En tous cas questions partenariat, communication, gestion d'un site internet, toutes choses indispensables à sa fonction de "chargé de production", il a des lacunes ! la lecture de la programmation montrait déjà des failles : la rebelote Malot deux ans de suite le même spectacle, le mauvais timing de la programmation Joyet, l'hommage à Pierre Perret l'année où il aurait mieux valu choisir quelqu'un d'autre... Par ailleurs, il y avait quelques bonnes intentions : Juliette en ouverture, Entre deux Caisses, Nathalie Miravette... Mais Juliette n'a pas été au mieux de sa forme, Sarclo a déçu par rapport à ce qu'il avait déjà fait à Arras quelques années plus tôt, Gotainer a enfilé ses tubes et a rattrapé son indisponibilité de l'année précédente sans plus, Carmen Maria Vega a noyé ses chansons (pourtant belles quand on écoute son disque) dans les décibels et fait fuir une partie du public du festival, l'hommage à Perret s'est abîmé au milieu des trous de mémoire, Joyet a commencé son spectacle bien après onze heures et de ce fait il n'a pas eu de couverture de presse, les conférences pourtant passionnantes n'ont pour certaines pas eu plus de public que les doigts d'une main amputée... Nathalie Miravette, Entre deux Caisses et Bernard Joyet (malgré l'heure tardive) ont émergé du fiasco. On aurait pu, avec une concertation, éviter les erreurs de programmation... J'ai eu l'outrecuidance de les pointer, je fus censuré et ostracisé. Des imperfections de programmation et d'organisation de la part de bénévoles, c'est compréhensible ; à partir du moment où on professionnalise, c'est impardonnable.

Après ça 2013... On ne peut préjuger d'un festival qui n'a pas encore eu lieu et qui n'existe qu'à l'état de programmation. On peut aussi penser qu'ils ont voulu se racheter et faire une programmation de gagneur... C'est quand même difficile quand on ne va pas soi-même dans les festivals voir les spectacles que l'on programme... Alors, il y a les bonnes intentions : Pascal Mathieu, Claudine Lebègue avec Fantine, Juliette Kapla et Claire Bellamay avec Je Rigole, Michèle Bernard, Hélène Grange avec Frédéric Bobin, Xavier Merlet et Question de point de vue... Il y a Michel Jonasz en ouverture... Tout cela est très bien dans l'optique de faire découvrir à un public plus large la chanson de qualité peu ou pas médiatisée (Merci à Marie Leurent et à toutes celles et ceux dont l'insistante pression a fini par se frayer un petit chemin de suggestion de noms d'artistes !). Mais il faut savoir que la moitié sont programmés dans des salles de 85 places maximum : il n'y aura donc que 85 spectateurs qui pourront découvrir Claudine Lebègue, Juliette Kapla, Frédéric Bobin ou Question de point de vue, qui ne sont d'ailleurs mentionnés sur l'affiche que sous forme de pointillés... Et certains devront choisir car des artistes de même niveau sont programmés en même temps... On a alors un peu l'impression qu'ils sont des alibis... A côté de ça, est-ce bien à Di Dou Da d'organiser des bals, de programmer Paris Combo ou Debout sur le zinc ? Quant aux chanteurs amateurs, ils chanteront... Renaud !

On finit par se demander si le véritable projet du festival n'est pas de... faire un festival ! Qui par son affiche ramène des subventions et des sponsors, entretient le budget de Di Dou Da et rassemble du public pour les chanteurs amateurs (ils ne chantent pas en première partie dans les salles de 85 places, mais seulement dans celles de 350 !!!). Quelque chose d'important qui donne de la dimension médiatique à ceux qui l'organisent. D'ailleurs, il est remarquable de constater que le noyau décisionnel ne s'occupe plus que du festival, tout le reste est subalterne (On a même gaspillé de l’argent pour un site spécifique au festival !) : on ne les voit plus dans les cabarets-découvertes ou dans les cabarets d'amateurs qui ne sont même plus annoncés dans le site de Di Dou Da en friche et qui peinent à remplir alors que ce n'était pas le cas précédemment... Bizarre comportement pour des gens qui aiment la chanson !

Alors où est le Di Dou Da des élans de la fin du siècle dernier ? De ses premières Faites de la Chanson ? La crise identitaire, le glissement progressif des objectifs ambitieux sur la pente de la facilité et des trompe-l'oeil, sont de l'extérieur lisibles en particulier dans l'évolution programmatique du festival. Du temps de Christian Camerlynck, on avait programmé Michèle Bernard, on aurait sûrement pu programmer Frédéric Bobin et Claudine Lebègue et les autres jeunes artistes cités, on aurait pu à la rigueur faire l'ouverture avec Michel Jonasz... mais on n'aurait sûrement pas eu Paris Combo ou Debout sur le zinc ! On a gardé immuable la forme du festival, la durée (trop longue), l'organisation des journées... Mais on a un peu abdiqué sur la qualité du remplissage de certaines cases... Je veux bien que les choses ne soient pas immuables et évoluent, mais dans quel sens ? S'est-on réellement posé la question des objectifs du festival et de l'adéquation entre les propositions de programmations et les objectifs initiaux ? Ces questions-là, l'association ne pourra pas en faire l'économie : ses cadres seront rajeunis un jour ou l'autre. L'année 2014 sera une année électorale au cours de laquelle les élus seront interrogés sur l'utilisation des subventions et sans doute amenés à faire des réorientations budgétaires... En période d'économies à tout va des fonds publics, il faudra sans doute revoir tout le festival (durée, activités, programmation, etc.) à la baisse, se poser la question de la nécessité de la professionnalisation, s'interroger aussi sur les politiques tarifaires à engager pour amener le public vers les artistes peu médiatisés. Une évolution évidemment, mais dans tout les secteurs, pas seulement dans le remplissage de la grille des programmes.

En attendant, une dernière note positive : avec son festival qui est ce qu'il est, avec ses cabarets-découvertes (importants : heureusement que des militants s'y dévouent dans l'indifférence des dirigeants !), avec les efforts des chanteurs amateurs de base (qui cherchent à faire revivre des répertoires d'artistes oubliés comme Jacques Serizier), Di Dou Da existe et a le mérite d'exister. Ce ne sont pas les artistes qui y sont programmés, et dont certains nous sont proches, qui vont regretter de l'être. Ce ne sont pas les quelques spectateurs qui vont les découvrir avec beaucoup de plaisir qui protesteront. Il faut profiter de l'offre au moment où elle se présente et garder pour plus tard les réflexions sur ce qu'elle aurait pu être avec autant ou même moins de budget. Et il faut aussi se dire que toute société humaine a ses imperfections. Et en juin, faisons honneur aux événements du festival, au moins à tous ceux auxquels on juge heureux de faire honneur.

François
18 Mai 2013

L'adresse de la page de ce texte a été beaucoup diffusée, ce qui a donné à cet article une audience inattendue. Toutes les réactions que j'ai reçues ont été positives et d'accord avec bien des aspects de mon analyse, et on a relevé la mesure de mes propos, dépourvus d'agressivité.

François
15 Août 2013

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