Faites de la Chanson pour l'Observateur de l'Arrageois

Pour les Faites de la Chanson, l'hebdomadaire d'Arras "L'Observateur de l'Arrageois" a, au dernier moment, fait appel à moi, en qualité de correspondant local de presse.
J'ai couvert scrupuleusement l'événement et ai fourni un certain nombre de papiers. Certains ont été retenus, d'autres non. Je les propose tous ci-dessous tels qu'ils ont été livrés, en précisant ceux qui ont été publiés et ceux qui n'ont pas trouvé place dans le journal.
Dans le journal, aucun de ces articles s'est signé, et c'est très bien ainsi, car il y en a deux catégories. Ceux qui ont été rédigés dans l'esprit de ce qu'attendait le journal et ses lecteurs. Ils seront signés CLP (correspondant local de presse) ci-dessous. Cela signifie que si j'avais dû écrire ce que je pensais réellement, je ne les aurais pas écrits en ces termes-là, peut être même de façon radicalement contraire ou pas écrits du tout. Et ceux qui reflètent réellement ce que je pense, qui auraient pu faire une bonne base dans les mêmes termes pour des revues ou des chroniques de chansons par exemple. Ceux-là seront signés François Bellart ci-dessous.

Vendredi 14 juin 2013.

Soirée inaugurale Michel Jonasz. Aucun article rédigé car les correspondants n'ont pas été admis dans la salle complète, réservée pour une bonne part aux sponsors.

Samedi 15 juin 2013

Samedi, place de la chanson…

L’inauguration du Village du festival, avec sa sympathique perspective de projection dans l’avenir, s’est faite sous un ciel menaçant ce matin du samedi 15 juin. Mais la brise va progressivement chasser les nuages et sous un beau soleil, les Faites de la Chanson vont investir la Place du Théâtre. Même sans la plaque utilisée en 2010 (qui était restée tout l’été !), elle sera, pour l’après-midi, la « Place de la Chanson ». Le spectacle commence avec les chanteurs amateurs les plus aguerris de Di dou da dans leurs chansons fétiches. Ensuite, pendant les différentes installations scéniques, les trois « Garçons s’il vous plaît » passent parmi la petite centaine de spectateurs et proposent des chansons à la carte. A l’autre extrémité du parvis, des musiciens de la Fanfare de Fampoux (trompettes, trombones, saxophones, flûtes traversières, clarinette et une petite batterie) jouent, avec de beaux arrangements musicaux pour vents, des airs de chansons du répertoire que tout le monde reconnaît et qui plaisent beaucoup. À 16 heures, entrée en scène de « La Moustache de Martin Pinpin ». Du rock bien timbré avec batterie, basses et guitares omniprésentes, pour des textes en français et des mélodies inventives. Belle ovation du public. Les changements de matériels sont l’occasion de réécouter la fanfare en se restaurant de sandwiches, bières et merguez. À 19 heures, « Sur les Docks » prend possession de la scène devant près de deux cents spectateurs. C’est une ambiance musicale différente où la rythmique et les guitares côtoient un violon, un accordéon et une flûte. Les musiques rappellent les landes et les plages bretonnes, les pubs écossais ou les saloons. Les chansons sont dansantes, évoquent le travail, l’amitié, la recherche des petits bonheurs, en un mot la vie simple des travailleurs portuaires. Ils termineront sous des applaudissements nourris. Le petit vent devient frisquet, et durant l’heure d’attente nécessaire au changement de plateau, l’assistance se réduit. Ceux qui restent investissent à partir de 21 heures la piste de danse avec « Le Brinquebal » (violon, accordéon, guitares, contrebasse, batterie) sur des chansons éclectiques et diverses qui satisferont toutes les générations de danseurs, jusqu’à la nuit noire. Une organisation bien huilée et un beau succès.

CLP
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Interview « Sur les Docks »

Pouvez-vous présenter le groupe « Sur les Docks »
C’est un groupe originaire de Dunkerque, avec des idées maritimes… C’est un groupe engagé, vivant. On est sept sur scène : accordéon, violon, flûte, mandoline, guitare, basse et batterie.

Quel style de musique faites-vous ?
A la base, on est très inspirés par la musique folk irlandaise, mais ce sont des compositions personnelles… C’est une musique maritime, de bar, de marins, des chansons de dockers, de travailleurs, on vient d’un grand port !

Tournez-vous beaucoup ?
On est à peu près à cinquante dates dans l’année un peu partout (en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Bretagne). Ce sont des festivals dans lesquels les gens sont souvent debout, ils dansent, ils chantent, ils font la fête…

Et que pensez-vous du public arrageois ?
C’est la première fois qu’on vient à Arras, on découvre. Ca bouge bien, c’est un public réactif et on a de la chance avec le temps !

Propos recueillis par CLP
Non retenu

Interview de Clément de « La Moustache de Martin Pinpin »

D’où êtes-vous et d’où vient le nom du groupe ?
Je suis d’origine arrageoise, mais actuellement je travaille sur Maubeuge. mister Robin à la guitare et Akim Garden à la basse sont de Valenciennes, Aulnoye-Aymeries et Guillaume à la batterie est aussi originaire d’Arras. Et le nom est venu comme ça ! On a été touchés par la grâce du Martin !

Comment qualifiez-vous votre musique ?
A la base c’est de la chanson française. Les grands noms et les références qui m’ont baigné sont Bashung, Noir Désir, des grands classiques comme Boris Vian, et beaucoup de rock anglo-saxon, les Stones, les Beatles, Led Zeppelin… C’est un mélange d’influences, je ne saurais pas dire de qui je me reconnais. J’écris les textes et les musiques et l’arrangement se fait en groupe, en répétitions.

Vous tournez beaucoup ?
Modérément. L’année dernière une quinzaine de dates, cette année un peu moins car on bosse le « live ». On est passés au Pharos il n’y a pas longtemps, l’album est sorti, et on est venus quand Didouda nous a appelés. Mais on prend le temps… Là on avait une bonne scène et un super ingénieur du son, Xavier.

Comment avez-vous apprécié le public d’Arras ?
Ils sont très bons, gentils et chaleureux.

Propos recueillis par CLP
Partiellement publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois

Les commerçants de la Place du Théâtre…

Un certain nombre de commerçants de la Place du Théâtre, réunis en une « Association des Commerçants du Quartier des Arts », souhaiteraient la mettre en valeur, lui donner plus de visibilité, en faire un lieu piétonnier où l’on s’arrête et pas seulement où l’on passe. Les restaurateurs et cafetiers sont unanimes : l’animation de ce samedi 15 juin, comme d’ailleurs les salon et braderie des livres, apporte un afflux de consommateurs qui se prolonge, certes à un niveau moindre, pendant toute la semaine du Festival. Ils sont donc enchantés de cette aubaine. D’autres commerces (librairie, vêtements), même s’ils bénéficient déjà d’une clientèle fidèle, voient aussi d’un bon œil ce passage de population : il y a un effet de curiosité et de découverte de leurs boutiques par d’éventuels futurs acheteurs. Quelques voix minoritaires pensent que la fermeture de la place un samedi n’est pas une bonne chose ou que les décibels ne favorisent pas la relaxation des clients qu’ils reçoivent dans le cadre de leur activité. Malgré ces réserves, l’implantation des Faites de la Chanson dans le Quartier du Théâtre est majoritairement bien perçue.

CLP
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois.

Dimanche 16 juin 2013

Pascal Mathieu, l’amour, les mots, l’amour des mots…

Magnifique « matinée » dimanche après-midi au théâtre. Une première partie dans laquelle les chanteurs amateurs de Di dou da, pleins de verve contenue, ont fait revivre par leurs chansons des auteurs prestigieux du répertoire comme Henri Tachan, Pierre Tisserand, Bernard Dimey, Charles Aznavour, Boris Vian, ou Juliette… Bel éclectisme et belle réussite.

Et puis le frêle Pascal Mathieu arrive sur scène, avec le guitariste Claude Mairet, compositeur de la majorité des musiques et aussi efficace à lui seul que plusieurs musiciens réunis. Et il va nous chanter essentiellement l’amour, en détournant des expressions courantes pour en parler, et en inventant un langage fait de rapprochements de sonorités et d’astuces phonétiques : « L’amour, ça crée des liens… sacrés… secrets ». Ainsi, il évoque une correspondance amoureuse (« Je vous suis à la lettre »), peut être avec Daisy (« Avec Daisy j’ai des idées, j’ai des désirs ») qu’il suivra partout « envers en contre tout, en vous et contre terre » à « désir moins le quart ». Le spectateur comprend vite qu’il va se régaler d’un bouquet de jeux de mots et d’allitérations, efficacement porté par des mélodies très agréables. De temps en temps, pour partager le plaisir sémantique, l’artiste entre deux chansons, nous livre des séries de proverbes, aphorismes et autres histoires courtes (comme celle de ce « sédentaire mort d’un abcès dentaire »), qui déclenchent des cascades de rires dans la salle. Quelques chansons, comme celle sur Bill et Monika, dans laquelle il envisage Hillary se consolant avec DSK, sont franchement hilarantes. Mais dans certaines autres, (« A part Armand, tout le monde va bien »), l’émotion gagne subtilement les esprits par la voie détournée de ces phrases inventives où le sens phonétique en cache un autre plus grave. Pascal Mathieu est un amoureux des mots, il les revêt comme un déguisement pour parler pudiquement d’amour, et en cela il touche de façon inattendue l’intime de chacun. Quand le rire, les mots, la musique et la présence scénique de l‘artiste se mêlent avec autant de brio pour notre plaisir et notre émotion, la chanson est un art.

François Bellart
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Interview publique de Pascal Mathieu

Je suis un auteur… Je ne suis interprète que grâce à un travail collectif avec le compositeur de mes musiques et accompagnateur sur scène. Cela aboutit à un contraste nécessaire entre le texte et la musique, la légèreté étant soit d’un côté, soit de l’autre. Et l’émotion passe lorsqu’on est fidèle au propos, lorsqu’on ne surjoue pas.
Dans le spectacle, j’intercale entre les chansons des petits poèmes courts qui sont en fait des débuts de chansons qui n’ont pas trouvé leur aboutissement parce que tout y était dit… Donc, je les exploite comme ça.
J’écris aussi pour d’autres parfois sur des musiques qu’ils me donnent (pour Jean Guidoni, pour Enzo Enzo, pour Romain Didier) : c’est différent d’écrire pour les autres que de le faire pour soi.
Je n’ai pas de problème pour trouver des thématiques drôles dans l’actualité : ce qui se passe autour de nous, même si c’est désespérant, ne peut pas nous empêcher d’être joyeux dans l’écriture ! Et on est d’autant plus efficace que l’on prend du recul par rapport à la colère.

Questions d'Hervé Dujardin
Propos recueillis par François Bellart
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Qui c’est celui-là ?

Les spectateurs du Théâtre, dimanche après-midi, se sont sans doute demandés qui, du balcon, filmait le tour de chant de Pascal Mathieu… et pourquoi !
Eric Nadot, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est le vidéaste d’une association « Tranches de Scènes » qui édite des DVD de chansons captées en présentation publique. Dans chaque DVD, un artiste principal (Anne Sylvestre, Bernard Joyet, Claude Semal, etc…) présente ses prestations en spectacle, mais est aussi interrogé sur d’autres artistes moins connus mais pleins de talent qu’il souhaite promouvoir… dont une chanson complète est proposée. C’est pour alimenter ces DVD qu’Eric filme, avec l’aval des artistes, le maximum de spectacles.

A noter : le dernier DVD paru est autour de Michèle Bernard, vedette des Faites de la Chanson… A ne pas manquer.

François Bellart
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Les Boîtes à chansons, une spécificité des Faites de la Chanson

Entretien avec Pierre Nison, pilier du chant amateur à Di dou da

En quoi consistent les boîtes à chansons (appelées aussi scènes ouvertes) ?
Elles accueillent à l’Hôtel de Guînes toutes les personnes qui ont envie de chanter, de s’essayer à la chanson. Elles choissent parmi 3000 titres classés de A à Z. Nous leur procurons alors la partition, ainsi qu’au pianiste professionnel qui va les accompagner sur la scène devant les gens qui sont dans la cour.

Quel bénéfice les personnes retirent-elles de cette démarche ?
Ca peut être un premier pas pour se découvrir un intérêt pour la chanson en public et le plaisir d’être bien accompagné, et éventuellement pour d’autres scènes. La chanson permet de découvrir sa personnalité, de s’épanouir. C’est intéressant de repérer selon les chansons choisies les besoins d’extériorisation de chacun.

As-tu des retours de la part de ces chanteurs d’occasion ?
Oui, certains ont envie de continuer. Donc, tout au long de l’année ils sont invités à nous rejoindre à la permanence au 59 rue Georges Auphèle à Arras… Ils peuvent y retrouver nos partitions et s’inscrire pour des ateliers avec nos musiciens. Ils peuvent aussi participer à des stages. Certains écrivent des textes et ont le plaisir d’inviter d’autres à composer des musiques pour pouvoir les chanter.
Certains invitent leurs copains à venir aussi aux boîtes à chansons et des amitiés naissent ou se consolident à cette occasion.
Et puis il y en a qui passent un petit nombre de fois sans poursuivre, juste pour le plaisir d’avoir chanté.

Tous les jours de 13 h à 14 h et de 16 h 30 à 18 h

Propos recueillis par François Bellart
Publié le mercredi 19 juin dans le numéro 380 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Le concert debout de "Debout sur le zinc" au Pharos n'a pas été couvert : pas de place pour l'accréditation.

Lundi 17 juin 2013

Evelyne Gallet, culot, truculence et tendresse

La soirée de lundi, dans la salle Reybaz bondée et d’évidence trop petite pour le plateau, débute avec la fragile Fantine qui chante en détachant toutes ses syllabes en suivant de rythme de son bon guitariste. Il faut quelques chansons pour entrer dans son univers artistique. À partir de « Drôle d’oiseau » on se prend d’empathie pour cette jeune femme chantant son besoin des odeurs de la présence, d’amour et de douceur, même dans les séparations (« L’amour quand il s’en va ne fait jamais de bruit »).

Puis, déboule une tornade à la chevelure flamboyante, Evelyne Gallet accompagnée de son guitariste très complice. Elle nous prend d’entrée avec un hymne à l’infidélité et à ses plaisirs. Le public n’en croit pas ses oreilles ! Ça continue par une charge sur le président (c’est très à la mode, et ça fait bien rire aussi), puis sur les dépressifs et enfin sur les « Parcs à vieux »… Tout cela agrémenté de détails croustillants et d’un jeu de scène plus qu’efficace. Les spectateurs sont écroulés, mais d’un rire salvateur car il permet de juguler des préoccupations : les chansons contiennent en creux une véritable interrogation sur des sujets aussi graves que la déprime ou la vieillesse… À la cinquième, le ton bascule et une jolie ballade sur la jeune et naïve amoureuse à son premier émoi donne à la chanteuse une dimension nouvelle, celle de l’émotion. Et si certaines suivantes (sur le prince charmant qui n’arrive pas, sur les nanas un peu dodues, sur l’inventeur du lit) gardent un côté croquignolet, c’est avec une nouvelle attention qu’on les écoute et les reçoit. Elle alterne d’ailleurs avec des titres plus graves sur la violence ou le vieillissement de l’amour. Elle termine par une très émouvante chanson sur la mémé qui n’a réussi à se faire reconnaître qu’en faisant des confitures… Très belle interprète, Evelyne Gallet, à la fois drôle, iconoclaste et sensible, très applaudie à juste titre ! Et pour les festivaliers, encore une soirée de bonheur avec des artistes dont les grands médias se privent de façon incompréhensible en les ignorant. Merci aux Faites de la Chanson de nous permettre de les découvrir.

François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Mardi 18 juin 2013

Michèle Bernard, Vedette des Faites de la Chanson

Michèle Bernard a eu, cette saison, deux belles histoires avec Arras. D’abord, lundi après-midi dans « Au fil des sens » avec les enseignants du Conservatoire et de l’Ecole Voltaire. Consciente que les enfants sont, pour la chanson, le public de demain, elle a participé activement à la construction de ce spectacle dans lequel elle intervenait. Le résultat était superbe, et le plaisir des enfants concentrés sur la scène, était palpable : les chansons, qui faisaient globalement référence aux rapports de l’Homme avec la nature, s’enchaînaient naturellement et les voix enfantines en faisaient ressortir les beautés mélodiques. Lorsque ce type d’initiative se renouvellera et s’étendra à d’autres écoles et à d’autres formes de mobilisation des jeunes autour de la chanson, on n’oubliera pas celle qui aura ouvert le chemin.

Et puis mardi soir au théâtre dans « Sens dessus dessous », un spectacle complet : les décors, les lumières et les accessoires créent une féerie dans laquelle vont évoluer les musiciens-comédiens (Sandrine de Rosa et Michel Sanlaville) en costumes bleu ou rouge autour de l’artiste vêtue de bleu et de rouge ! Les premières chansons se déclinent autour des sensations olfactives (« l’odeur de la terre après l’orage »), gustatives (« Le Duc de Gourmandise ») ou picturales, voire douloureuses (« touche pas ça pique »)… Progressivement, le jeu de scène devient plus discret, la réflexion humaniste intervient dans des titres plus graves où sont évoqués l’indifférence, les rapports entre les êtres, l’intégration dans la cité comme sont incorporés dans le langage les mots d’origine étrangère. L’évocation du passage-éclair dans la classe de la petite bohémienne Maria-Suzanna vient souligner combien la tolérance, le respect et l’amitié souhaitée sont difficiles. Un spectacle simple et accessible, bien agencé au service de l’accès aux chansons, à leurs musiques enlevées et à leurs textes généreux.

Enfin après le spectacle, dans la salle des concerts d’Arras, des chanteurs amateurs ont interprété avec brio quelques titres de Michèle Bernard en sa présence et la session s’est terminée par un « nomade » collectif émouvant. A quand le prochain voyage à Arras ? Il nous tarde de vous revoir Michèle Bernard.

François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Spectacle « Au Fil des Sens », Interview exclusive Michèle Bernard

Comment ont été choisies les chansons du spectacle « Au fil des sens » ?
Ce sont les chefs de chœur qui avaient choisi le thème de l’eau sur lequel je leur ai fourni tout mon répertoire et ils ont sélectionné les morceaux.

Comment vous êtes-vous intégrée dans le spectacle ?
J’ai rencontré les enfants en début de saison, on a discuté des chansons, de ce qu’elles racontaient, du métier de chanteur aussi. Et après ils ont travaillé indépendamment. Par mail, on a cherché le découpage le plus intéressant. Je suis remonté une fois avec mes musiciens et on a fait une répétition avec les enfants. Le but est toujours que les enfants se sentent concernés par l’histoire et que ce soit donc quelque chose qu’on essaye de vivre ensemble au maximum.

Que pensez-vous du résultat final ?
On était un peu inquiets car, à la générale le matin, la mise en place technique et la répétition se mélangeaient : les enfants n’avaient jamais vu des lumières, pour eux c’était la fête au village et ils ne pensaient plus à chanter ! Donc on a eu un peu peur, mais en fait ils ont bien joué. Ca m’a fait plaisir, car ce sont des enfants qui ne savent pas forcément se concentrer très longtemps, mais ils ont bien défendu leur partie, et je trouve que ça avait de la classe !

Propos recueillis par François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Mercredi 19 juin 2013

Hélène Grange et Frédéric Bobin, eux aussi sont de Lyon…

Malgré la concurrence déconcertante avec Volo au Pharos à la même heure, deux artistes précieux ont réussi à remplir la salle Reybaz mercredi soir…
Frédéric Bobin nous emmène dans l’univers artistique qu’il construit depuis une dizaine d’années à quatre mains : son frère aux textes, ciselés, concis, structurés et travaillés jusqu’à l’épure de la simplicité d’accès – et lui aux musiques subtiles et aux arrangements souvent rock… mais qui ne couvrent pas les paroles. Cette fois-ci, son batteur est empêché, et c’est dommage, car il aurait apporté la composante grave qui aurait contrecarré l’acidité métallique de ses guitares. Les chansons tantôt font référence à l’intimité (Ma fugitive, ma vie de rechange) ou à la nostalgie (L’autoradio de mon père, Ma vieille ouvrière), tantôt brossent des portraits empathiques de personnages déconstruits (Tatiana sur le périph, Singapour), et tantôt abordent des questions sur l’état du monde (La pyramide, Les zoulous, les apaches). On éprouve vite beaucoup de sympathie pour cet artiste ascétique et si proche de toutes les préoccupations sociales ou personnelles, qu’il exprime si bien dans des chansons qu’on aurait aimé écrire tant elles sonnent vrai à nos sensibilités.

Hélène Grange qui lui succède sur le plateau est une interprète d’une grande élégance, qui dispose d’une voix étendue et superbe, d’une diction impeccable jamais prise en défaut, et d’un indéniable talent de comédienne. Elle investit toutes ces qualités dans un spectacle juste « Féminins Plurielles » qu’elle a construit en rassemblant un bouquet de chansons de femmes ou écrites pour des femmes. Ses auteurs vont de Suzy Solidor ou Marie Zambon à Anne Sylvestre, Véronique Pestel, Bernard Joyet, Juliette ou Brigitte Fontaine. Chacune des chansons bénéficie d’une mise en scène toujours surprenante, et leur succession fait passer le spectateur du rire débridé à l’émotion la plus grave, toujours autour du thème de la place sociale de la femme et de la reconnaissance de ses spécificités. Un récital truculent à portée humaniste qui nous ravit et qu’on reverrait volontiers tant il recèle de belles choses à redécouvrir…
Au fait, il y a un TGV direct entre Lyon et Arras…

François Bellart
Non publié

Entretien exclusif avec Frédéric Bobin

Comment pourrais-tu définir ton style de chansons ?
C’est d’abord une chanson qui accorde de l’importance aux mots, aux propos et à leur poésie. Mais en qualité de compositeur et interprète j’ai une exigence musicale : j’aime insuffler à cette chanson à texte des éléments de folk, de rock et de groove que l’on trouve dans la musique anglo-saxonne. Je ne suis pas sûr que ce soit ma singularité, mais c’est ce mélange qui m’intéresse.

N’as-tu pas peur que le son du rock fasse passer les textes au second plan ?
Pour moi, comme auditeur, à la première écoute d’une chanson, c’est la musique qui prime. Je m’attache à ce qu’en salle on entende très bien ma voix. Mais si dans le texte, il y a des choses qui échappent aux gens, et si la musique les séduit, ils y reviendront plus facilement que si c’est l’inverse ! La musique, telle que je la conçois permet d’amener au texte, elle vient nous cueillir pour ensuite rentrer dans la maison chanson, et découvrir les subtilités du texte.

Comment se fait-il qu’en chansons, il y ait à Lyon depuis longtemps une telle pépinière de talents qu’Arras découvre cette année ?
Il y a à Lyon une facilité de rentrer dans un réseau. C’est une ville plus petite que Paris, on se connaît plus vite, et il y a un bon esprit. Entre nous il y a peu de concurrence, on est dans l’entraide, on collabore pour les musiques, les accompagnements par exemple, mais aussi on s’échange des adresses, on fait des co-plateaux, c’est très sympathique. Et de cette énergie entre nous naît pour chacun une stimulation bénéfique.

Propos Recueillis par François Bellart
Non publié

Jeudi 20 juin 2013

Xavier Merlet, comédien et chanteur

Encore une soirée flamboyante au théâtre d’Arras presque plein, jeudi soir… En première partie un franc succès pour les amateurs d’une efficacité scénique exceptionnelle. Les titres étaient très divers, certains peu connus (signés Agnès Bihl, Eric Frasiak, Bernard Joyet, Anne Sylvestre, Romain Didier) et d’autres plus familiers (« La femme Chocolat » ou « Allumer le feu »). Chaque fois, l’interprétation très personnelle a donné à la chanson une nouvelle dimension dans le rire ou l’émotion, et le public enthousiaste a découvert ou redécouvert avec plaisir ces pépites du répertoire, ce qui est un des objectifs de la pratique. Très belle prestation.

Puis Xavier Merlet, chemise orange à grand col, costume sombre, occupe le devant de la scène avec trois musiciens (batterie, guitare ou clavier, accordéon), pour un spectacle flamboyant au service de l’apprentissage de la gentillesse, ou comment gagner des points de permis de gentil ! Les chansons aux belles mélodies (mais aux paroles souvent écrasées par l’amplification des instruments), souvent graves, indiquent l’envers de l’amabilité. Elles évoquent la pétoche, les autres qui sont l’enfer, l’abus criminel d’alcool ou la violence des enfants entre eux dans la piscine à balles. Elles alternent avec des sketches désopilants et récurrents comme le petit chaperon rouge et sa grand-mère dans le ventre du loup, l’assaut de civilités aux passages piétons, l’hommage aux aînés qui ne sont autres que des spectateurs pris en photo dans la salle, ou le débat politique tout en poncifs et insultes choisies ! L’ensemble dans une mise en scène précise jusque dans les détails (les smileys sur les projecteurs mauves) et avec une assurance acquise dans la fréquentation des troupes de théâtre. Le public est emballé et ovationne l’artiste qui lui a fait passer une superbe soirée. On se sépare sur une chanson qui prédit des jours meilleurs. Belle apothéose.

François Bellart
Non publié

Samedi 22 juin 2013

Question de Point de vue, de la chanson nue et bien habillée

Un plateau dépouillé, salle Reybaz samedi après-midi, sans matériel et sans fils dans tous les sens, c’est rare en ces temps de technologie et de décibels envahissants… Quand les cinq membres du groupe entrent sur la scène, on comprend : ils font tout avec leurs voix et c’est merveilleux… Un moment d’enchantement, de grâce, de subtilités harmoniques mises en valeur par le mélange de leurs couleurs vocales et le tout au service de chansons originales composées par Gildas Thomas. Quelle variété dans les musiques et les arrangements : on passe de la poésie placide à la poésie sautillante, de l’unisson à la polyphonie, de l’accompagnement d’une soliste au sketch collectif. Et tout cela en mouvement, dans une chorégraphie sobre, mais élégante et efficace.
A la mosaïque des musiques correspond une diversité des thèmes abordés, toujours avec la légèreté et l’humour qui permettent de prendre le propos au sérieux. De l’injustice d’être moche à la servitude des courriels, de la moquerie du nombrilisme au scandale de la dispersion des armes, des casseroles qu’on traîne aux papiers qu’on laisse après sa mort ou du hasard de la progéniture aux mélanges des populations, beaucoup de choses concrètes habitent, mine de rien, dans ces chansons. On a même droit au cauchemar des pieds fatigués, traduit en langage des signes sur la musique de la marseillaise et à une reprise iconoclaste de « Que je t’aime ». Un bouquet dense de chansons superbes dans leur nudité, mais vêtues somptueusement par des voix de haute couture, et dans une présentation raffinée.

François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Interview exclusive Brice Baillon, membre de « Question de point de vue » originaire d’Athies-les-Arras

Il y a une quinzaine d’années, j’étais haut comme trois pommes et je venais juste de muer, je suis entré dans les basses des « Merles Moqueurs » de Saint-Nicolas… J’en étais le benjamin. La chef de chœur m’a progressivement fait confiance et m’a proposé d’autres projets. J’ai ainsi chanté dans la « Canterella », où j’ai même fait un solo sur le « chœur des bohémiennes » de Verdi au Casino, c’était un moment superbe.
J’ai fait mes études à Villeneuve d’Ascq, (je suis ingénieur des télécommunications), et en parallèle au début des années 2000, j’ai intégré le groupe de lycéens et d’étudiants « Spécimen » qui a arpenté les scènes du Pas-de-Calais, surtout le Béthunois, les Mines, l’Arrageois : c’est ça qui m’a donné envie d’en faire mon métier. J’ai pris des cours de direction de chœur et je suis entré dans la musique en professionnel par cette fonction. C’est une passion humaine, être sur scène, avoir envie de transmettre, de communiquer, être en collectif dans le partage de la musique et des émotions. Je fais aussi partie du quatuor « Solemnis » qui chante des chansons à la fois rigolotes et engagées, et qui se produit encore.
Dans « Question de Point de vue », on est cinq et l’émotion du propos poétique est mise en valeur par nos timbres de voix différents mais complémentaires. Ce projet est un peu un ovni, sans étiquette : ni chanson comme on l’entend d’habitude, ni groupe vocal au sens de la performance vocale, on est quelque chose de fragile. On a encore quelques années devant nous avec ce spectacle pour le peaufiner, l’enrichir et le faire tourner.

Propos recueillis par François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois.

Paris Combo, de la musique avant toute chose…

Encore une fois les amateurs levaient le rideau du théâtre samedi, avec le même soin que les fois précédentes. Ils ont rendu hommage à des auteurs aussi divers qu’Agnès Bihl, Olivier Delafosse, Jacques Brel, Maxime le Forestier, Jean Ferrat ou Guy Béart que la salle a repris en chœur : « Il n’y a plus d’après, à Saint-Germain-des-Prés… ». Ces premières parties ont été une des réussites des Faites de la Chanson 2013.

Paris-Combo, qui a pris ensuite possession de la scène, a essentiellement joué de la musique de jazz avec une couleur des années 1930, sous la direction du pianiste et trompettiste David Lewis. On retrouve les caractéristiques d’un concert de jazz avec les chorus de guitare, de contrebasse ou de trompette, la batterie omniprésente, et le style Paris-Combo de toujours, solo de trompette dans une bassine d’eau compris. Les chansons de Belle du Berry parlent d’amour décliné sous toutes les formes (fidélité, mensonge, obsession, durée…) et aussi de pollution, du besoin de lumière ou d’espace, mais il faut bien reconnaître que sa belle voix s’incorpore comme un instrument supplémentaire dans le rendu sonore du groupe. C’est aussi une forme de chanson ! Elle semble par ailleurs navrée que le public assis du parterre n’ait pas des velléités de danser. « Il faut se lâcher, c’est samedi… ! ». Les spectateurs quand à eux réservent un joli succès à la musique entraînante et festive de ce groupe.

CLP
Non publié

Dimanche 23 juin 2013

C’est quand qu’on va où ? Ils y sont allés…

Dimanche après-midi, dans la salle du Théâtre d’Arras bondée, Jean-Claude Rousseau et une douzaine de membres de Di dou da ont relevé le défi de créer un spectacle original et unique sur certaines chansons de Renaud, et sur ce qu’elles ont apporté ou changé dans les vies, dans le contexte où elles ont été diffusées. Par un remarquable travail en amont, le spectacle a été conçu et écrit à partir des témoignages des participants : c’était très concret et très bien mis en perspective. Et surtout, le metteur en scène a réussi à transformer une équipe de chanteurs amateurs en une vraie troupe de comédiens convaincants, et ce n’est pas là son moindre mérite : tous étaient justes, qu’ils soient plus âgés avec des souvenirs un peu nostalgiques ou plus jeunes, se réappropriant les chansons et la hargne de Renaud, avec batterie, guitares, claviers, son et décibels d’époque. Très beau spectacle, très bien mis en place jusque dans les détails des couleurs vestimentaires et des foulards fétiches.

Une belle « matinée » qui concluait en apothéose un festival « Faites de la Chanson » qui nous a donné cette année beaucoup de plaisir.

François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois, avec une photo.

Le Festival continue tout au long de l’année

Grâce à Christiane et Marie, la découverte de nouveaux artistes et de nouvelles chansons se poursuit toute la saison dans les « Cabarets-découvertes ». Ces deux infatigables bénévoles de Di dou da écoutent avec attention tous les disques et démos qui leur parviennent de toute la France, et collectent les impressions des adhérents qui ont vu des spectacles-chanson ça et là. Elles organisent des rencontres où les militants intéressés peuvent venir discuter et voter pour les artistes qu’ils voudraient voir programmer. A l’issue de ces îlots de concertation, une liste est établie et il ne reste plus qu’à contacter les artistes sélectionnés et leur proposer des dates. Elles organisent ainsi cinq à sept soirées dans l’année. Pour la saison 2013-2014, les choix essentiels sont faits et les négociations sont encore en cours. Le site de Di dou da devrait, selon toute vraisemblance, donner les informations et les dates dès qu’elles seront établies.

François Bellart
Publié le mercredi 26 juin dans le numéro 381 de l'Observateur de l'Arrageois.

La chanson a une histoire et des artistes illustres…

Elles passent de moins en moins inaperçues dans le programme du festival et drainent une fréquentation croissante d’année en année : les conférences dans lesquelles un spécialiste donne son regard sur un auteur et une œuvre, et permet de perfectionner et d’élargir la perception que chacun peut en avoir.
Ainsi, cette année, Daniel Pantchenko, le biographe d’Anne Sylvestre, est venu résumer les différentes étapes de la carrière de la chanteuse et replacer sa trajectoire originale dans l’évolution des mœurs des soixante dernières années, qu’elle a accompagnée et parfois même précédée dans ses chansons.
Deux jours plus tard, Stéphane Hirschi analysait avec brio et pertinence les chansons de Charles Trenet qui, à la faveur d’une dynamique jazz, dévoile son monde intérieur, où l’angoisse est toujours présente, mais conjurée et dédramatisée.
Les deux conférenciers auraient pu largement déborder du temps qui leur était imparti, tant ils passionnaient leur auditoire. Une heureuse initiative des Faites de la Chanson qui devrait se renouveler l’année prochaine.

François Bellart
Non publié

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